L’inquiétude des familles des mineurs piégés à Perkoa (Burkina Faso) persiste

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Les familles des mineurs piégés à Perkoa, au Burkina Faso sont toujours dans l’attente. Elles se retrouvent chaque jour au siège du comité de crise pour attendre les nouvelles de l’équipe de sauvetage. Cette dernière a entamé « une course contre la montre » pour les sauver sachant que les opérations de pompage évoluent très vite, avec l’arrivée de nouvelles machines.

Les autorités relèvent que les équipes de secours qui pompent l’eau d’une mine de zinc inondée se rapprochent de l’endroit où elles espèrent trouver huit mineurs coincés sous terre depuis plus de trois semaines.

Le porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, a déclaré que « c’est une course contre la montre » car les espoirs de retrouver les travailleurs disparus s’amenuisent lentement.

M. Bilgo a déclaré que les sauveteurs restaient avec environ 10 mètres d’eau au-dessus d’une chambre de refuge remplie de nourriture et d’eau. « On espère que les mineurs ont pu accéder à cette chambre », dira-t-il signalant qu’« aucun contact n’a été établi avec eux ».

Selon les familles, les opérations de pompage évoluent très vite, contrairement aux premiers jours de l’opération. Plus de 42 millions de litres d’eau pompée à ce jour. Les sauveteurs s’approchent de la chambre de refuge où seraient réfugiés les huit mineurs.

« La grosse interrogation, c’est de savoir si les mineurs ont pu atteindre la chambre de refuge », selon les responsables du comité de crise, l’option d’envoyer des plongeurs pour accélérer les recherches est sur la table. Mais à ce niveau, des analyses de l’eau sont en cours pour savoir si elle ne présente aucun danger pour les plongeurs.

« Nous prenons pour que les sapeurs-pompiers aient la capacité de plonger et de faire des vérifications », a indiqué Bassolma Bazié, ministre de la Fonction publique.

« Ce n’est pas facile. Cela fait 26 jours d’angoisse. Du matin au soir, nous sommes dans l’angoisse totale. Nous ne savons pas où sont nos frères », a pour sa part soutenu Antoine Bama.

Assis par petits groupes sous un hangar et sous des arbres, les familles attendent. Elles ont décidé de se retrouver sur le site où siège le comité de crise. Elles sont partagées, entre espoir et inquiétude. Comme chaque jour, les représentants des familles participent au compte rendu sur les recherches. Malgré l’évolution de l’opération de pompage, Maturin Bationo, a un visage triste.

« Nous gardons espoir », a-t-il ajouté Antoine Bama qui s’exprime également en tant que porte-parole des familles des victimes.

« Nous sommes pleins d’espoir, mais en même temps en colère », a déclaré Yakouba Bama, dont le cousin Charles Bama fait partie des six Burkinabés portés disparus, avec un travailleur de Tanzanie et un autre de Zambie.

« Quant à ma mine serrée, c’est parce que nos frères sont coincés dans la mine. C’est la raison pour laquelle nous sommes assis ici dans la tristesse, avec la mine serrée. Si on les retrouvait aujourd’hui, ce serait vraiment la joie. Le ministre nous dit de continuer à prier et cela nous donne de l’espoir. »

Téléphone entre les mains, Mme Bama, née Sylvie Baziemo, regarde les images de mon époux : « Il me manque beaucoup. Cela fait 26 jours qu’il a quitté la maison.  Nous avons espoir qu’il reviendra. Toutes les nuits, je ne fais que prier. Je ne dors même plus ».

La prière, c’est tout ce qui reste aux familles de huit mineurs coincés à près de 700 mètres sous terre. Chapelet entre les mains, elles implorent chaque jour le ciel pour qu’on retrouve ces travailleurs et elles sont assistées en cela par certaines associations.

Moctar FICOU / VivAfrik