Côte d’Ivoire : Les conclusions de la COP15 après deux semaines de négociations

0

Le bilan de la quinzième Conférence des parties (COP15) de la Convention cadre des Nations unies contre la désertification et la sécheresse n’a pas répondu à toutes les attentes. De grandes déclarations mais aucune décision politique majeure n’a été prise. Les ambitions affichées visent la restauration de terres dégradées ou encore le renforcement des droits fonciers.

En effet, la 15ème Conférence des Nations unies sur la lutte contre la désertification et la sécheresse, ouverte le 9 mai 2022 en présence de neuf chefs d’État africains qui avaient mis en avant les effets négatifs de la sécheresse et de la désertification pour leur continent et « l’urgence » d’y remédier à Abidjan en Côte d’Ivoire s’est achevée après deux semaines de discussions et de négociations.

A Abidjan, les pays et les institutions parties à la convention sur la désertification ont décidé d’affronter, dans le cadre d’une nouvelle stratégie, les risques croissants de catastrophes telles que la sécheresse, les tempêtes de sable et de poussière.

Au coup de marteau final porté par Alain-Richard Donwahi, le président ivoirien de la COP15, les délégués des 196 Etats membres de la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, ont poliment applaudi, sans euphorie ni effusion de joie, les décisions annoncées à l’issue des discussions entamées onze jours plus tôt à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire.

Le secrétaire exécutif de la convention, Ibrahim Thiaw a pour autant parlé d’un engagement qualifié d’exceptionnel.

« La COP15 à Abidjan a été une COP exceptionnelle. La COP est aussi exceptionnelle par le nombre de décisions qui sont sur la table de manière définitive. Il y a une trentaine de décisions qui sont discutées et négociées dans une atmosphère, je dois dire, extrêmement positive. C’est aussi peut être ça une autre particularité de la COP d’Abidjan ».

Parmi ces décisions, les délégués ont annoncé vouloir restaurer un milliard d’hectares de terres dégradées d’ici à 2030 ou encore promouvoir des emplois décents basés sur la terre pour les jeunes, et renforcer la participation des jeunes au processus de la convention.

A ces décisions s’ajoutent le renforcement « de la résilience face à la sécheresse en identifiant l’expansion des zones arides » et l’amélioration de « l’implication des femmes dans la gestion des terres ». Une attention particulière a d’ailleurs été portée à la question du genre qui a fait l’objet d’un caucus entier et d’une déclaration politique commune. Autant d’engagements qui doivent répondre aux défis que constitue la désertification ; un phénomène, qui, selon un rapport publié par l’ONU quelques jours avant le début du sommet, concerne 40 % des terres émergées et affecte d’ores et déjà environ la moitié de l’humanité.

Initiative d’Abidjan

Renforcer les droits fonciers et l’égalité des sexes en tant que facteurs importants pour une restauration efficace des terres est l’autre engagement pris par les délégués.

Au cours du sommet, la Côte d’Ivoire a aussi lancé l’initiative d’Abidjan. C’est un programme qui vise à stimuler la restauration des terres dégradées et la lutte contre la déforestation tout en promouvant la durabilité environnementale à long terme en Côte d’Ivoire, a expliqué Alain Donwahi, président de la COP15.

« Cela permettra d’avoir des communautés qui sont résilientes aux changements climatiques. Et c’est un programme important qui pourra servir de programme pilote et pourra être répliqué dans d’autres pays ».

Deux déclarations politiques ont été émises, à savoir l’Appel d’Abidjan, lancé par les chefs d’Etat et de gouvernement qui ont participé au sommet le 9 mai 2022, et la déclaration d’Abidjan sur l’égalité des sexes pour une restauration réussie des terres, issue du caucus sur le genre.

Moctar FICOU / VivAfrik