La déclaration du C40 pour un air pur visant à améliorer la santé publique et le climat signée par 10 grandes villes africaines            

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10 grandes villes africaines à savoir Abidjan, Accra, Addis Abeba, Dakar, Ekurhuleni, Freetown, Johannesburg, Lagos, Nairobi et Tshwane ont signé, lors du 9ème sommet Africités qui s’est déroulé du 17 au 21 mai 2022 à Kisumu au Kenya, la déclaration des villes du C40 pour un air pur. C’est ce qu’ont annoncé les dirigeants municipaux de ces villes. A les en croire, le C40 a lancé le programme « Villes africaines pour un air pur » afin de soutenir les villes à prendre des mesures

Dans un communiqué diffusé à Kisumu le 19 mai 2022 et parvenu à VivAfrik, le C40 relève qu’« en prévision de la Conférence de Charm el-Cheikh (Egypte) du 7 au 18 novembre 2022 sur les changements climatiques (COP27) qui se tiendra en Afrique, les maires et gouverneurs de dix grandes villes africaines ont annoncé un engagement ambitieux et sans précédent en faveur de l’amélioration de la qualité de l’air en signant la déclaration des villes du C40 pour un air pur ».

« Abidjan, Accra, Addis-Abeba, Dakar, Ekurhuleni, Freetown, Johannesburg, Lagos, Nairobi et Tshwane rejoindront ainsi une cohorte mondiale de 38 villes, dont Durban, qui est devenue la première ville africaine à signer la déclaration en 2019. En signant la déclaration des villes du C40 pour un ‘air pur, les maires reconnaissent que respirer de l’air pur est un droit humain et s’engagent à œuvrer pour un air de qualité plus sûre afin de respecter les lignes directrices de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la qualité de l’air », lit-on dans le document.

L’annonce a été faite lors d’un événement organisé par le C40 dans le cadre du 9e sommet Africités à Kisumu, au Kenya. Lors de cet événement, le C40 a lancé le programme « African Cities for Clean Air » (« Villes africaines pour un air pur ») afin de soutenir les villes africaines dans leurs efforts d’amélioration de la qualité de l’air et de la santé publique.

« La pollution atmosphérique est devenue la deuxième cause de décès sur le continent africain, en partie à cause de l’urbanisation et de l’industrialisation rapides. Environ 1,1 million de décès sont liés chaque année à la pollution atmosphérique en Afrique, selon une étude sur la charge mondiale de morbidité », a regretté le C40.

Selon qui, environ 59 millions de personnes dans les dix villes africaines devraient bénéficier d’un air plus sain et d’une meilleure santé grâce à des engagements qui pourraient permettre d’éviter jusqu’à 10 000 décès précoces liés à l’exposition à la pollution atmosphérique, ainsi que plus de 300 000 hospitalisations, ce qui représente une économie annuelle de 9,4 milliards de dollars en raison des décès et des hospitalisations évitées.

La pollution atmosphérique et le changement climatique sont étroitement liés et peuvent être considérés ensemble ; tous deux nécessitent une action rapide, sans précédent et collaborative pour s’attaquer aux sources de pollution qui nuisent à notre santé et réchauffent notre planète, note le texte.

La déclaration des villes du C40 pour un air pur établit un cadre permettant aux villes du monde entier d’améliorer la qualité de l’air. Dans un délai de deux ans, les signataires de la déclaration établiront des niveaux de référence et fixeront des objectifs de réduction ambitieux pour les polluants atmosphériques, qui respecteront ou dépasseront les engagements nationaux. Ces objectifs mettront les villes sur la voie du respect des directives de l’OMS en matière de qualité de l’air pour les particules, le dioxyde d’azote, l’ozone et le dioxyde de soufre.

En signant cette déclaration, les villes du C40 continuent à prendre des mesures audacieuses en faveur du climat malgré les nombreux défis rencontrés ces derniers temps, avec la pandémie mondiale, les perturbations économiques, les catastrophes naturelles liées au climat et, dans de nombreux cas, des ressources financières limitées.

Le nouveau programme « Villes africaines pour un air pur » du C40 aidera les villes à respecter ces engagements grâce au renforcement des capacités, au partage des connaissances entre pairs à I‘échelle régionale et à une collaboration axée sur les bonnes pratiques en matière de qualité de l’air.

« Alors que la COP 27 se tiendra en Afrique plus tard dans I‘année, je suis ravi d’accueillir dix nouveaux signataires africains de la déclaration des villes du C40 pour un air pur. En tant que président, je suis déterminé à redoubler d’efforts pour soutenir les villes du sud, qui sont en première ligne pour faire face aux pires conséquences du changement climatique. C’est pourquoi, je concentre les ressources du C40 pour aider les villes du monde entier à accélérer leurs efforts pour faire face à l’urgence climatique, réduire la pollution atmosphérique toxique et lutter contre les inégalités. Le monde est à la croisée des chemins, nous devons tous jouer notre rôle pour aider les villes du monde entier à devenir plus vertes, plus justes et plus prospères pour tous », a déclaré, dans le communiqué, Sadiq Khan, président de C40 Cities et maire de Londres.

Pour sa part, Michael R. Bloomberg, envoyé spécial des Nations unies pour l’ambition et les solutions climatiques par ailleurs président du conseil d’administration du C40 et 108ème  maire de la ville de New York, a fait valoir que « ces dix maires peuvent aider à montrer aux villes du monde entier comment protéger la santé publique, lutter contre le changement climatique et développer les opportunités économiques en même temps. Les villes jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique. Ce nouvel engagement est une étape importante pour contribuer à la mise en place d’un système d’alerte précoce et de souligner le leadership de l’Afrique dans la perspective de la COP 27 qui se tiendra en Egypte plus tard dans l’année ».

Les nouveaux signataires de la déclaration des villes du C40 pour un air pur prendront des mesures appropriées pour améliorer la qualité de l’air, allant de l’établissement de niveaux de référence de la pollution atmosphérique, à la définition de nouveaux objectifs sur la qualité de l’air et la mise en œuvre de politiques et de programmes s’attaquant aux principales causes des émissions de polluants atmosphériques.

Moctar FICOU / VivAfrik