Une meilleure gouvernance de la sécurité alimentaire et nutritionnelle au menu de la 11ème réunion de haut niveau sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle de l’UEMOA

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Le Président de la République du Niger, Mohamed Bazoum, également président du Comité de haut niveau  sur la sécurité alimentaire,  a présidé le samedi 11 Juin 2022 au Palais de la Présidence, la 11ème réunion de haut niveau sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette réunion intervient après celle des experts et des ministres de l’Espace. Il était question au cours cette réunion de présenter au président de la République le rapport de la réunion des ministres en charge de l’Agriculture et de l’Elevage des pays de l’UEMOA pour sa validation par le chef de l’Etat.

La réunion s’est tenue dans un contexte des plus particuliers avec notamment les conséquences engendrées par la crise alimentaire actuelle aggravée cette année par les changements climatiques, les crises sécuritaires ainsi que la Covid-19 et les conséquences de la crise russo-ukrainienne.

Pour rappel, la réunion des ministres vise à faire l’état de mise en œuvre des recommandations de la précédente session, à échanger sur la situation alimentaire et les incertitudes sur les marchés des produits alimentaires et des intrants agricoles, à examiner aussi la situation générale de la sécurité alimentaire dans l’espace communautaire, le tout dans le but d’engager le dialogue en vue d’une meilleure gouvernance de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de l’agriculture dans la sous-région.

La réunion qui a été précédée de celle des ministres de l’agriculture et de l’élevage et qui s’est tenue le 10 juin 2022 à Niamey a été une occasion pour ces experts de remettre le rapport au président de la République Mohamed Bazoum, par ailleurs président du Comité de haut niveau sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans l’espace UEMOA.

Au cours la réunion du Comité, le président Bazoum a fait savoir aux ministres en charge de l’Agriculture et de l’Elevage des pays de l’UEMOA qu’il a reçu et parcouru le rapport qui lui a été présenté. « Vous avez fait une bonne évaluation de la situation agropastorale. Vous avez surtout fait le point des discussions des dispositifs nationaux de réponse à travers les plans qui sont mis en œuvre par les différents pays », a-t-il fait remarquer.

En recevant le rapport qui a été présenté par le ministre togolais en charge de l’Agriculture, Antoine Lekpa Begbeni, le chef de l’Etat du Niger a fait le tour d’horizon de la situation alimentaire et nutritionnelle « les déficits sont plus ou moins grands, il y a des pays pour lesquels le déficit est très important. C’est notamment le cas du Niger dont le déficit est évaluer à 37% de la moyenne des années précédentes. Des déficits relativement importants dans d’autres pays comme le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal notamment. Nous avons une année où les vivres ont coûté très chers avec une disponibilité moindre qu’habituellement », a souligné le Président de la République.

Le chef de l’Etat est ensuite revenu sur la situation alimentaire de l’année 2020-2021, soulignant qu’un déficit a été enregistré sur le plan pluviométrique et par conséquent sur le plan de la production agricole et fourrager. Le Président Bazoum de notifier que les difficultés sont plus ou moins grandes avec des pays pour lesquels le déficit a été très important. C’est le cas du Niger dont le déficit a été évalué à 37% de la moyenne des années précédentes. Le déficit est relativement important dans les autres pays comme le Burkina Faso, le Mali et Sénégal et dans une certaine mesure le Bénin. «Nous avons eu une année où les vivres ont coûté très chers du fait d’une disponibilité beaucoup moindre», a dit le Chef de l’Etat.

Poursuivant son allocution, il précisé que « la loi de l’offre et de la demande a fait ses effets. Je ne me souviens pas d’une année où en ce qui concerne le Niger, le prix des céréales a été aussi cher au mois d’octobre-novembre. Toutes nos prévisions pour reconstituer nos stocks étaient parties d’un postulat sur le prix du sac de 100 kg de mil ou sorgho à 27 000F ont été remises en cause par la réalité du marché. Nous avons dû être obligés d’acheter le sac du mil ou de sorgho plutôt à 32.000F», a-t-il rappelé. Evoquant d’autres facteurs aggravants, le Chef de l’Etat a souligné l’impact du Covid-19 à travers le renchérissement du coût du fret maritime et du transport pour les pays enclavés comme le Niger. «Nous sommes en train de subir les effets de la situation de guerre en Europe qui concerne deux pays importants pour le monde entier et pour nous notamment à savoir la Russie et l’Ukraine. Là, nous avons une inflation sur le prix des engrais et une difficulté à acquérir des engrais de qualité ».

« Je prends note de vos recommandations du travail remarquable que vous avez accompli pendant vos journées de travail. Nous allons demander au Président de la Commission et à chacun dans les ressorts qui relèvent de ses responsabilités, de mettre en œuvre toutes ces recommandations de façon que nous soyons en état de faire face à nos défis, de façon coordonnée, solidaire et que nous puissions au maximum réduire l’impact de ces situations défavorables », a dit Mohamed Bazoum.

Le président de la République s’est également inquiété de la situation d’insécurité au Sahel en particulier dans la zone des trois frontières (qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina-Faso) où les pays font face aux effets induits de la situation d’insécurité généralisée, avec le déplacement de la population qui a impacté leur capacité de production. Le chef de l’Etat a dit que cette mobilité a causé d’énormes soucis aux différents Etats. « Voilà que nous allons envisager une autre campagne dans ces conditions très difficiles. Nous sommes appelés à être très vigilants. Nous avons une saison qui se présente sous des auspices qui ne sont pas très favorables avec le prix de l’engrais très élevé, sa disponibilité très problématique. Cela aura incontestablement un contre coup sur la production. Donc, la productivité sera affectée », a estimé le Président du Comité du Haut niveau sur la sécurité alimentaire dans l’espace UEMOA.

Évoquant l’initiative FARM, le chef de l’Etat a souligné son importance, la présentant comme une alternative aux difficultés propres au contexte sahélien. « Il est temps que cette initiative soit mise en œuvre pour que nous puissions tirer profit le plutôt possible », a-t-il exhorté. Par ailleurs, le président du Comité de haut niveau a salué le travail accompli par les ministres de l’Espace UEMOA, tout en invitant chacun au respect des engagements. « Nous allons demander au président de la commission de l’UEMOA et à chacun d’entre vous dans le ressort qui relève de ses responsabilités, de mettre en œuvre toutes ces recommandations de façon à ce que nous soyons en état de faire face à nos défis de façon coordonnée et solidaire et que nous puissions au maximum réduire l’impact de ces situations défavorables », a-t-il conclu.

Moctar FICOU / VivAfrik