Les experts Sénégalais capacités sur les Contrats d’achat de résultats d’atténuation        

0

Dans le cadre du programme de Conception d’approches politiques au titre de l’article 6 de l’accord de Paris sur le Climat ; l’Institut mondial pour la croissance verte (GGGI) en collaboration avec la Direction de l’environnement et des établissements classés (DEEC) organise, ce mercredi 6 juillet 2022 à Dakar, un atelier de formation des agents de l’administration publique, du secteur privé et de la société civile sur le thème : « Comprendre les contrats d’achat de crédits carbone en vertu de l’Article 6.2 de l’Accord de Paris (MOPA) ».

Si l’on se fie à la Nigérienne Assana Magagi- Alio, Directrice Pays pour le Sénégal à l’Institut mondial pour la croissance verte, en anglais Global green growth institute (GGGI), la formation, confié à un consortium de consultants composé de Carbon Limits et Climate Focus, a pour « objectif de renforcer les capacités des participants sur les Contrats d’achat de résultats d’atténuation (MOPA), accompagner les institutions publiques concernées qui s’engagent dans des négociations bilatérales et améliorer la compréhension des concepts juridiques, institutionnels et techniques liés à l’article 6 dans le cadre des approches coopératives.

Spécifiquement, il s’agira, selon Assana Magagi- Alio, de permettre aux participants de comprendre les règles de l’article 6 pour bien mesurer la responsabilité des pays hôtes, les choix stratégiques liés à la quantité et à la nature du transfert, ainsi que les implications pour l’atteinte des objectifs des Contributions déterminées au niveau national (CDN).

Poursuivant son allocution, la Directrice Pays pour le Sénégal à GGGI a détaillé que cette formation vise aussi à comprendre les décisions que le pays doit prendre sur les dispositions institutionnelles et les procédures liées à l’article 6 mais également comment s’appuyer d’abord dans la mesure du possible sur l’expérience et les capacités existantes ; avoir une connaissance des principaux termes juridiques et contractuels relatifs au MOPA, y compris la description de ce qu’est un MOPA, ce qui est négocié et les différentes approches ; avoir un aperçu et une discussion des principales clauses contractuelles d’un MOPA en se basant sur des exemples ainsi que les principaux risques que les pays hôtes pourraient encourir en se réfèrent à des exemples concrets. Une discussion sur les clauses alternatives, les implications de chaque clause alternative et des exemples d’accords bilatéraux signés dans le cadre du projet pilote Art. 6.2 PA seront également présentés ; enfin faire un exercice de simulation de négociation de MOPA pour que les participants mettent en pratique les principaux concepts présentés.       

Pour sa part, le Directeur de la Direction de l’environnement et des établissements classés (DEEC), qui a coprésidé la cérémonie d’ouverture de cet atelier de formation avec Mme Alio a signalé que pour le renforcement des capacités au titre de l’article 6 de l’Accord de Paris, le Sénégal a décidé de mettre en place un ambitieux programme devant aider les pays hôtes et les acteurs du marché carbone à se préparer à mieux répondre à toutes les nouvelles exigences de participation.

C’est pourquoi, « il serait nécessaire de renforcer les capacités de l’ensemble de ces acteurs afin de faciliter une participation accrue de toutes les catégories d’acteurs à ce mécanisme de financement. Car, une chose est mettre en place des mécanismes qui doivent aider à réduire les Gaz à effet de serre mais l’autre chose, c’est d’aider les différents acteurs à comprendre ces mécanismes et à y participer », a affirmé Baba Dramé qui est d’avis que ce processus n’est pas le rôle de l’Etat dans la mesure où celui-ci met en place des dispositifs et il s’agira pour le secteur privé et la société civile de relever leur niveau de compréhension afin de saisir l’ensemble des opportunités qu’offre le marché carbone.  

« Dans le processus du marché carbone au niveau national, la vision est clairement définie, les rôles et les responsabilités des acteurs identifiés et les outils devant permettre l’application en cours de développement. Parmi ces outils, figurent en bonne place les contrats d’achats de crédit carbone. C’est pourquoi cet atelier sera mis à profit pour approfondir cette importante question au regard des aspects juridiques, institutionnels et techniques dans le cadre des approches coopératives de l’article 6 », a poursuivi Baba Dramé.

A l’en croire, lors de ces dernières années, les prix du marché du carbone étaient au plus bas sur le marché international et l’avenir du mécanisme de développement propre était au cœur des négociations sur le climat. « Je reste persuadé que l’article 6 que les pays sont en train de mettre en œuvre devrait constituer une réelle opportunité pour le pays en développement comme le Sénégal afin de mettre en place des contrats négociés avec toute l’expertise requise pour permettre à notre pays d’en tirer le meilleur profit », a-t-il conclu.

Moctar FICOU / VivAfrik