Leila Mokaddem appelle à repenser le financement du développement climatique afin d’atteindre le zéro net

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Leila Mokaddem, La directrice générale de la Banque africaine de développement (BAD) pour l’Afrique australe a déclaré que  « la création d’un espace budgétaire pour le financement du développement et l’intensification des projets d’infrastructure régionaux seront indispensables pour donner à l’Afrique les moyens d’atteindre l’objectif de ‘’zéro émission nette » ».

« Nous devons repenser la façon dont nous finançons le développement. Nous devons consacrer davantage de ressources à des institutions comme la Banque africaine de développement », a insisté Leila Mokaddem dans des propos relayés par le site internet de de la BAD.

Leila Mokaddem intervenait lors d’une session intitulée « Transformer les ambitions publiques en actions efficaces » organisées à l’occasion du premier Forum de développement du Fonds OPEP (Ndlr : Organisation des pays exportateurs de pétrole) qui s’est déroulé le 22 juin 2022 à Vienne, en Autriche.

Le site officiel de la BAD a précisé que les intervenants à cette session ont discuté des mesures à prendre, assorties d’exemples, pour transformer « les nobles déclarations en vrais changements pour le monde » ainsi que les engagements pris par les institutions de développement, les gouvernements et les différentes parties prenantes.

La Banque africaine de développement défend avec force la mise à sa disposition d’une partie des droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international, afin de contribuer aux 218 milliards de dollars américains annuels qui sont nécessaires pour répondre aux besoins des infrastructures en Afrique comme les routes et les ports, lit-on dans les colonnes de cette sources.

Ce premier forum, qui a eu lieu sur le thème, « Combler le déficit de financement et transformer les ambitions publiques en actions pour le climat » a réuni des représentants gouvernementaux, d’institutions de développement, du secteur privé et de diverses parties prenantes.

Selon le site internet de la BAD, parmi les intervenants figuraient outre Ahunna Eziakonwa, administratrice adjointe et directrice régionale pour l’Afrique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Hekuran Murati, ministre des Finances, du Travail et des Transferts de la République du Kosovo et Andreas Klasen, professeur de commerce international et directeur de l’Institut du commerce et de l’innovation à l’université d’Offenburg, en Allemagne.

Ahunna Eziakonwa a fait part de l’engagement, ambitieux, pris par le PNUD de permettre à 500 millions de personnes d’avoir accès à l’électricité au cours des quatre prochaines années, soit plus de 50 % de celles qui en sont actuellement dépourvues assurant que c’était la preuve de la détermination de l’institution à sauver les Objectifs de développement durable. « Il s’agit d’une déclaration d’intention très ambitieuse qui montre que nous comprenons que vaincre la pauvreté dans le secteur des énergies est nécessaire pour vaincre la pauvreté tout court », a-t-elle déclaré dans le site officiel.

Citant d’autres exemples de mesures concrètes prises en Europe pour transformer les ambitions en action, Hekuran Murati a affirmé que son pays avait cherché à créer un équilibre entre la sécurité énergétique et alimentaire et l’accessibilité. « C’est une tout autre situation si ces coûts sont répercutés sur les consommateurs et les familles. »

« Le gouvernement du Kosovo a créé des guichets de garanties de prêts pour les entreprises et les ménages qui souhaitent investir dans l’énergie, ce qui permet un accroissement de la capacité énergétique, et tente également d’améliorer les cadres juridiques et réglementaires ainsi que les installations de stockage », a ajouté Hekuran Mahati.

Les intervenants conviennent qu’il faudrait une énergie bon marché et propre pour l’Afrique.

La Banque africaine de développement s’est engagée à doubler son financement climatique, en le faisant passer de 12,5 milliards de dollars pour la période 2016-2020 à 25 milliards de dollars en 2020-2025. L’institution veut aussi allouer 40 % au moins de ses investissements annuels en faveur du climat.

Selon Leila Mokaddem, a renchéri le site de la BAD, l’intégration régionale et l’approvisionnement énergétique sont les tremplins qui permettront d’assurer la sécurité énergétique en Afrique. « La sécurité énergétique est l’une des conditions essentielles pour le développement de l’Afrique. Le coût du retard pour l’électrification complète du continent s’accroît avec le temps. La Banque africaine de développement a donc fait de « Éclairer l’Afrique et lui fournir de l’électricité » la première des cinq priorités fondamentales de ses « High 5″ », a-t-elle souligné.

Le Nouveau Pacte pour l’énergie en Afrique est un programme ambitieux dont l’objectif est de parvenir à l’accès universel en Afrique d’ici 2025. Sa stratégie s’articule autour de la réalisation de quatre objectifs, notamment celui de l’augmentation de la production sur le réseau pour pouvoir ajouter une nouvelle capacité de 160 gigawatts d’ici 2025. Il vise aussi à réaliser 130 millions de nouveaux raccordements au réseau.

« La plus grande partie sera réalisée sous forme de projets régionaux », a affirmé Leila Mokadden.

La ministre égyptienne de la Coopération internationale, Rania Al-Mashat, principale intervenante à cette session a souligné la nécessité d’une action nationale et régionale pour lutter contre le changement climatique.

Le Fonds OPEP a investi au cours des quatre dernières années, plus de 780 millions de dollars pour financer l’atténuation des effets du changement climatique et l’adaptation au climat. Andreas Klasen a indiqué que de nouvelles synergies entre l’OPEP, les banques multilatérales de développement et divers partenaires de développement seraient importantes pour réaliser l’objectif de sécurité énergétique, a conclu la BAD dans son site internet.

Moctar FICOU / VivAfrik

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