Afrique : l’expansion très rapide des surfaces cultivées menace les forêts et la biodiversité

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Plus de 50% de l’augmentation des terres arables dans le monde est du fait du continent.

Assurer la sécurité alimentaire du continent africain tout en préservant ses forêts et ses milieux naturels représente un défi majeur affirment les experts. La forte augmentation des surfaces cultivées constatée ces dernières années répond à des besoins alimentaires croissants, mais n’est pas une bonne nouvelle pour l’environnement et le climat.

Cette expansion agricole, liée à la croissance démographique, s’est accélérée depuis le début du XXIe siècle, empiétant sur les forêts et les savanes et accroissant les émissions de gaz à effet de serre.

Un défi pour le climat et l’environnement

« En une vingtaine d’années, l’Afrique a étendu ses surfaces cultivées de plus d’un tiers, comptant ainsi pour 52% de l’augmentation observée à l’échelle mondiale », selon une étude parue dans la revue Nature food (lien en anglais) qui s’appuie sur les données satellitaires du programme Landsat. « La hausse a été particulièrement rapide dans un petit groupe de pays (Angola, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Mozambique, Zambie) », explique une étude de Jean Christophe Debar de la fondation Farm. La Côte d’Ivoire a par exemple perdu 90% de sa forêt en 60 ans.

« La hausse des surfaces cultivées est encore plus importante si l’on inclut les vergers et les plantes arbustives telles que le cacaoyer, le caféier et le palmier à huile, ce qui pose un redoutable défi pour la préservation des écosystèmes et la lutte contre le changement climatique », poursuit le chercheur.

L’expansion agricole s’accélère

Les surfaces cultivées en Afrique augmentent, chaque année, de 3,9 millions d’hectares contre 1,5 million d’hectares par an en Amérique du sud. Une augmentation qui se fait principalement au détriment des forêts et de la végétation naturelle.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) estime à environ 120 millions d’hectares les besoins de nouvelles terres arables d’ici 2050 sur le continent. A cela, il faut ajouter l’expansion des pâturages liée à la demande accrue en produits laitiers et viande.

Ces chiffres interrogent sur la capacité des agricultures africaines à produire plus pour nourrir une population en forte croissance, tout en limitant la pression sur le climat et les milieux naturels.

Une forte empreinte écologique

Ces données plaident pour une augmentation des rendements et une « intensification écologique des agricultures africaines » afin de relever les défis conjoints du changement climatique, de la protection de la biodiversité, tout en améliorant les revenus des paysans.

Pour éviter un désastre écologique, il faudra jouer sur plusieurs leviers préconisent les experts : entre autes, la transformation des systèmes de production agricole, la modification des habitudes alimentaires ainsi que la réduction des pertes et des gaspillages

Car « contrairement à ce que l’intuition suggère, les systèmes alimentaires en Afrique émettent globalement beaucoup plus de gaz à effet de serre qu’en Europe et aux Etats-Unis, à cause notamment de la faible productivité de l’agriculture et de l’importance de la déforestation », note les chercheurs de la fondation Farm.

(francetvinfo.fr)