« La pollution de l’air est associée à plus d’un million de décès prématurés par an en Afrique », selon le directeur adjoint de la DEEC     

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Relier le sport et l’environnement. Tel est le sens de la conférence de presse sur le lien entre le sport, le climat et la qualité de l’air en Afrique organisée jeudi 15 septembre 2022 à Dakar, la capitale sénégalaise.                       

En effet, le gouvernement du Sénégal accueille la 18ème session de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CMAE-18) du 12 au 16 septembre 2022 axée sous le thème : « Assurer le bien-être des peuples et garantir la durabilité de l’environnement en Afrique ». Mieux, en marge de la CMAE-18 à Dakar, le gouvernement du Sénégal à travers le ministère de l’Environnement et du Développement durable (le Centre de gestion de la qualité de l’air (CGQA) de la Direction de l’environnement et des établissements classés (DEEC), le gouvernement du Kenya à travers le ministère de l’Environnement et des Forêts, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Stockholm environment institute  (SEI), le Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS), Athlétisme Sénégal, Athlétisme Kenya, et la Confédération africaine d’athlétisme (CAA) ont organisé cette conférence de presse sur l’environnement et le sport afin de souligner le lien entre le sport et l’action pour le climat en matière de qualité de l’air en Afrique.     

Venu prendre part à cette rencontre de haute porté, le directeur général adjoint de la DEEC a laissé entendre que « la pollution de l’air est associée à plus d’un million de décès prématurés par an en Afrique. Ces décès sont dus à l’exposition de la population à des polluants nocifs à la fois à l’intérieur et à l’extérieur. Dans le même temps, selon le rapport d’évaluation du GIEC 6th (AR6), l’Afrique reste l’une des régions du monde les plus vulnérables au changement climatique. Le continent est donc confronté à une double menace : la détérioration de la qualité de l’air et la vulnérabilité climatique », a regretté Cheikh Fofana.         

Le rapport sur l’évaluation intégrée de la pollution atmosphérique et du changement climatique pour le développement durable en Afrique, préparé par la Commission de l’Union africaine (CUA), le bureau régional du PNUE pour l’Afrique, la Coalition pour le climat et l’air pur (CCAC) et l’Institut de l’environnement de Stockholm, a identifié 37 mesures qui, si elles sont mises en œuvre, constituent un ensemble de solutions pour parvenir à un air pur tout en permettant aux pays africains de respecter les obligations climatiques contenues dans leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) dans le cadre de l’Accord de Paris, a de son côté fait valoir le Dr Frank Turyatunga, directeur, Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Bureau Afrique.        

Les initiateurs de la conférence de presse sur l’environnement et le sport afin de souligner le lien entre le sport et l’action pour le climat en matière de qualité de l’air en Afrique ont mis en exergue l’impact du sport sur l’environnement.

A cet effet, un communiqué transmis à la presse renseigne qu’« étant donné le lien étroit entre le sport et l’environnement, notamment l’impact du sport sur l’environnement et l’impact de l’environnement sur le sport, les équipes, organisations, fédérations et réseaux sportifs prennent des mesures pour répondre à l’impact du sport sur la qualité de l’air et le changement climatique afin d’atténuer celui-ci ».

Le Comité international olympique (CIO), qui regroupe plusieurs disciplines sportives, a élaboré en 2005 un manuel sur le sport et l’environnement intitulé : « Manual On Sport And The Environment », qui vise à fournir des conseils sur les mesures et les actions à mettre en œuvre lors des manifestations sportives pour réduire au minimum les effets négatifs sur l’environnement, a rappelé le document officiel.

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a lancé le Cadre d’action sur le sport pour le climat à Katowice, en Pologne, en 2018, dans le but d’encourager les organisations sportives à prendre des mesures collectives pour limiter le réchauffement de la planète à une hausse de 1,5 degré celsus, soit les niveaux convenus à Paris lors de la Conférence sur le changement climatique de 2015, et cherche à travailler avec les organisations sportives pour réduire leurs émissions de carbone conformément à l’Accord de Paris sur le climat, a clarifié Lamine Faty, secrétaire général de la Confédération africaine d’athlétisme.

Selon lui, le cadre a deux objectifs principaux : le premier vise à atteindre une trajectoire claire pour la communauté sportive mondiale pour lutter contre le changement climatique par le biais d’engagements et de partenariats en congrès avec des normes vérifiées et le second a pour objectif d’utiliser le sport comme un outil unificateur pour stimuler la sensibilisation et l’action climatique parmi les citoyens du monde.

Il convient de noter que l’Athletics Kenya (AK) est devenu la première des 214 fédérations membres du World Athletics dans le monde à rejoindre World Athletics en tant que signataire du Cadre d’action sur le sport pour le climat, lui conférant ainsi un rôle de leader mondial parmi les fédérations membres du World Athletics.  

Pour sa part, Aminata Mbow Diokhané du Centre de gestion de la qualité de l’air de la Direction de l’environnement et des etablissements classés a estimé que l’accent mis sur le sport et l’athlétisme s’inscrit dans le cadre des initiatives en faveur du climat et de l’air pur pour le sport et correspond au projet du Sénégal de se positionner dans les années à venir comme un acteur clé du développement du sport en Afrique, et plus particulièrement de contribuer à la préparation des Jeux olympiques de la jeunesse de 2026 à Dakar, premier événement olympique de l’histoire du continent africain.

Concluant son speech, elle a confié à qui veut l’entendre que la conférence de presse a permis d’atteindre les objectifs suivants : présenter et partager l’état de la qualité de l’air et du changement climatique au Sénégal et les implications pour le sport, et faire le point sur les célébrations de la troisième Journée internationale de l’air pur pour un ciel bleu qui a eu lieu le 7 septembre 2022 sous le thème « L’air que nous partageons ». Il s’agira, selon elle, de faire le point sur l’installation d’un capteur de qualité de l’air et sur les activités de plantation d’arbres impliquant des dignitaires, des athlètes, des jeunes et des enfants au stade de Diamniadio, à Dakar, au Sénégal. L’événement s’est concentré sur la nature transfrontalière de la pollution atmosphérique et a souligné la nécessité d’une responsabilité et d’une action collectives. Il a également mis en évidence la nécessité d’une coopération internationale et régionale immédiate et stratégique pour une mise en œuvre plus efficace des politiques et actions d’atténuation de la pollution atmosphérique ; soulignez les actions menées par les organisations et les fédérations sportives en faveur de la qualité de l’air et de l’action climatique, notamment les exemples du Kenya et du Sénégal, et les actions plus larges menées dans toute l’Afrique et enfin offrir une plateforme aux athlètes et sportifs de premier plan du Sénégal et du Kenya pour partager leurs expériences sur les implications du climat et de la pollution atmosphérique sur le sport, et le rôle des athlètes dans la sensibilisation sur ces défis.

Moctar FICOU / VivAfrik

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