7 pays africains en proie à la « faim aiguë », selon Oxfam

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L’ONG Oxfam, qui appelle les Etats industrialisés à réduire massivement leurs émissions de gaz à effet de serre et à réparer les dommages causés a fait valoir qu’en six ans, la « faim aiguë » a plus que doublé dans les pays les plus exposés aux catastrophes climatiques souvent à l’origine de sécheresses extrêmes, inondations dévastatrices, désertification…

Les chiffres sont, une nouvelle fois, catastrophiques. Dans un rapport publié vendredi 16 septembre 2022, l’ONG Oxfam estime que la faim aiguë a augmenté de 123% depuis 2016 dans dix pays parmi les plus exposés aux risques climatiques.

Dans ces Etats – Somalie, Haïti, Djibouti, Kenya, Niger, Afghanistan, Guatemala, Madagascar, Burkina Faso et Zimbabwe -, 48 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë et nécessitent une aide d’urgence pour survivre. Quelque 18 millions d’entre elles sont même considérées comme étant au bord de la famine.

En cause notamment : la crise climatique. Sécheresses extrêmes, inondations dévastatrices et problèmes de désertification s’aggravent. Les conflits et les crises économiques restent aussi parmi les principaux responsables de la faim.

Si les conflits et les crises économiques restent les principaux responsables de la faim, « les phénomènes météorologiques extrêmes, de plus en plus nombreux et violents, réduisent eux aussi la capacité des populations pauvres à contrer la faim et à faire face aux chocs à venir », souligne l’ONG.

« Besoin de tous »

La Conférence sur les changements climatiques, la COP 27, doit se tenir du 7 au 18 novembre 2022 à Charm el-Cheikh en Egypte. Avant cela l’ONG Oxfam appelle les leaders mondiaux à s’engager à réduire massivement leurs émissions et « offrir une compensation aux pays les plus touchés pour les préjudices » qu’ils subissent.

L’envoyé spécial américain pour le climat, John Kerry, a reconnu, jeudi 15 septembre 2022 lors de la tenue de la deuxième partie de la 18ème session de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CMAE-18) à Dakar au Sénégal, l’injustice entre pays pauvres et pays riches dans la crise climatique. Devant des dirigeants africains, il a souligné que 20 pays dans le monde sont responsables de 80% des émissions de gaz à effet de serre contre 0,55% seulement pour les 48 pays d’Afrique subsaharienne. « Le monde développé doit en faire plus, mais nous avons aussi besoin de vous autour de la table », a dit John Kerry.

La Somalie, qui est l’un des pays les moins bien préparés à faire face à l’urgence climatique, affronte par exemple la pire sécheresse de son histoire, un million de personnes ayant déjà fui leur foyer.

Pour Oxfam, le fait que les Etats les moins responsables de la crise climatique soient ceux qui en souffrent le plus « est une preuve criante d’existence d’inégalités mondiales ».

Les pays industrialisés et notamment ceux du G20 sont « responsables de plus de trois quarts des émissions mondiales de carbone », tandis que ces dix pays vulnérables n’en émettent collectivement que 0,13%, souligne l’ONG.

« En moins de 18 jours, les profits des entreprises des énergies fossiles suffiraient à financer la totalité des appels humanitaires de l’ONU pour 2022 », qui s’élèvent à 49 milliards de dollars, calcule-t-elle par ailleurs.

Lors de l’Assemblée générale 2022 de l’ONU qui s’est ouverte mardi et de la COP27, prévue en novembre, les leaders mondiaux doivent s’engager à réduire massivement leurs émissions et « offrir une compensation aux pays les plus touchés pour les préjudices » qu’ils subissent, plaide Oxfam.

L’annulation de la dette de ces États vulnérables leur permettrait également d’investir pour lutter contre l’urgence climatique.

Moctar FICOU / VivAfrik                                          

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