La crise alimentaire s’aggrave dans la Corne de l’Afrique, selon un rapport de l’UNICEF  

Un rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) publié le 1er février 2023 a fait valoir que 22 millions de personnes sont menacées par la faim dans les pays de la Corne de l’Afrique notamment le sud de l’Éthiopie, le nord du Kenya et la Somalie.

Ces trois pays de la Corne de l’Afrique sont en proie à une sécheresse historique causée par un enchaînement de cinq saisons de pluies défaillantes depuis fin 2020. Du jamais vu depuis au moins quarante ans, a déploré l’UNICEF.

Qui a précisé que trois causes majeures expliquent pourquoi ces pays de la Corne de l’Afrique se retrouvent dans une tragédie humaine sans précédent : la sécheresse, la hausse intenable des prix des aliments de base aggravée par la guerre en Ukraine et un conflit qui s’éternise en Somalie.

En manque d’eau, de lait et de nourriture, vivant souvent dans des conditions insalubres, les plus jeunes se retrouvent considérablement affaiblis, leur organisme rendu plus vulnérable aux maladies et leur croissance altérée sur le long terme.

Ainsi, près de deux millions d’enfants à travers la Corne de l’Afrique « ont besoin d’un traitement urgent contre la malnutrition aiguë sévère, la forme la plus mortelle de la faim », a souligné l’UNICEF.

« En raison de la sécheresse, mon enfant n’a pas bénéficié d’un service médical approprié. Nous étions trop occupés à faire face à la sécheresse, à sauver le bétail et à penser à la survie de la famille. Tous ces problèmes ont détérioré l’état de santé de mon enfant », a expliqué Dhool Ali Duale.

L’organisation onusienne estimait en septembre que 730 enfants étaient morts entre janvier et juillet 2022 dans des centres de nutrition en Somalie, un chiffre qu’elle jugeait probablement inférieur à la réalité.

Accompagnant leurs familles déplacées ou envoyés quotidiennement à la recherche de nourriture, 2,7 millions d’enfants ont par ailleurs, quitté l’école et quatre millions d’autres risquent d’abandonner leur scolarité, a alerté l’UNICEF.

Qui a fait valoir qu’« entre les mois de janvier et juillet de l’année dernière, nos équipes ont déploré la mort de 730 enfants dans les centres de nutrition. Ces chiffres sont sans doute plus élevés car de nombreux décès ne sont pas signalés. Nous avons également identifié plus de 8 400 cas suspects de diarrhée aiguë et de choléra ainsi que 13 000 cas de rougeole (dont 78 % d’enfants âgés de moins de 5 ans) ».

Les interventions de l’Unicef en Somalie

La Somalie est le pays le plus sévèrement touché, avec plus de la moitié de sa population affectée mais, pour l’instant, aucune famine n’a été officiellement déclarée.

« Quand la mère est malnutrie, elle peut donner naissance à un enfant malnutri. Et même après la naissance, la malnutrition peut impacter la production de lait mammaire », a raconté Abdulahi Muhammud, directeur médical de l’hôpital de Gode.

Aggravée par les répercussions de la guerre en Ukraine, cette crise alimentaire devrait empirer dans les mois à venir, selon les organisations humanitaires.

Les enfants sont parmi les plus vulnérables. Chaque minute, un enfant est admis dans une unité de soins spécialisée où l’on traite la malnutrition aigüe sévère. Cette statistique ne prend en compte que les enfants qui parviennent jusqu’aux centres spécialisés.

Le cas de la Somalie démontre que lorsque des niveaux élevés de malnutrition aiguë sévère chez les enfants se combinent à des épidémies mortelles, la mortalité infantile augmente de façon spectaculaire. L’équipe de l’UNICEF en Somalie en fait la tragique constatation tous les jours sur le terrain.

L’Unicef fournit une aide vitale essentielle aux enfants et à leurs familles, notamment dans les domaines de la santé, de la nutrition, de la vaccination, de l’eau et de l’assainissement. Grâce au soutien précieux des donateurs, cette agence a pu venir en aide à près de 1,7 million de personnes et 1,2 million d’enfants vivant dans la Corne de l’Afrique.

Face aux urgences induites par le climat, les solutions sur le long terme sont cruciales. Sur place, les équipes de l’Unicef développent des programmes pérennes pour mieux contenir les conséquences du changement climatique. « Il s’agit d’une véritable course contre la montre », a-t-on avancé.        

Appels aux financements

« Il n’y a pas de fin en vue pour la crise de la faim. Les besoins sont devenus énormes. Des fonds supplémentaires sont désespérément nécessaires », estime le directeur de l’ONG Save The Children pour l’Ethiopie, Xavier Joubert.

Aujourd’hui, seuls 55,8% des 5,9 milliards de dollars réclamés par l’Organisation des Nations unies (ONU) pour pallier cette crise en 2023 ont été financés.

Rappelons qu’en 2017, une mobilisation humanitaire précoce avait permis d’éviter une famine en Somalie.         

Moctar FICOU / VivAfrik


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