Le Maroc était en passe de devenir l’une des principales destinations du blé en provenance de l’Union européenne (UE) a finalement plus que doublé ses importations entre janvier et avril 2023.
En effet, en Afrique du Nord, le marché du blé est l’un des plus importants au monde. Avec les conditions climatiques qui pèsent sur la production et la demande croissante de la population, les importations sont à la hausse dans plusieurs pays de la zone. C’est le cas du Maroc où l’appétit pour le blé européen ne se dément pas. Selon les données de la Commission européenne (CE) relayées par UkAgroConsult, le Royaume chérifien a importé 4 millions de tonnes de blé depuis le bloc économique sur les 4 premiers mois de 2023, soit plus que le double du volume affiché l’année 2022 à la même période (1,6 million de tonnes).
Dans un contexte de troubles des chaines d’approvisionnement, le Maroc tente de s’adapter. Impacté, à l’instar des autres pays par les conséquences de la guerre en Ukraine, le Royaume a dû revoir la hiérarchie de ses fournisseurs. Selon des données révélées par l’Agence Reuters, le Maroc fait appel à l’Union européenne pour satisfaire ses besoins. Le Royaume est devenu la première destination du blé européen à l’export pendant la campagne 2022-2023.
Avec ce stock, le Maroc aura absorbé 16 % des expéditions totales des fournisseurs européens sur ladite période devenant de fait le premier débouché africain de la zone. Le pays devance ainsi l’Algérie (3,6 millions de tonnes), le Nigéria (2,2 millions de tonnes) et l’Égypte (1,6 million de tonnes).
Pour l’essentiel, la forte demande à l’importation du Royaume chérifien tient à la mauvaise récolte affichée en 2022 du fait de la grave sécheresse qui a affecté l’appareil de production.
En outre, vu les effets de la sécheresse, le Maroc prévoyait d’augmenter ses importations pour combler son besoin. Grâce à cette augmentation fulgurante de sa demande, le Maroc s’est positionné comme l’une des destinations principales du blé en provenance de l’UE dans la région dépassant ainsi l’Algérie.
La récolte de blé est ainsi passée à 2,7 millions de tonnes contre 7,5 millions de tonnes un an plus tôt en raison des conditions climatiques défavorables.
Si cette année, le pays d’Afrique du Nord devrait rester un marché important pour l’UE en raison de la demande croissante de blé pour la production de farine, le Département américain de l’agriculture (USDA) souligne que les importations devraient ralentir du fait de l’amélioration prévue de l’offre intérieure. Selon l’organisation, la production pourrait rebondir à 3,8 millions de tonnes avec des précipitations plus abondantes.
Le recours aux pays européens ayant des excédents de production s’explique par la volonté des pays, dont le Maroc, d’éviter les perturbations d’acheminement du blé en mer noir à cause du conflit russo-ukrainien sachant que des incertitudes planent sur le prolongement de l’accord céréalier.
Pour rappel, le Maroc consomme annuellement plus de 10 millions de tonnes de blé, dont 70 % de blé tendre.
Moctar FICOU / VivAfrik


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