Le gouvernement togolais se préoccupe de la gestion efficiente des pesticides dans le secteur agricole

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L’utilisation des pesticides chimiques dans les pratiques agricoles au Togo est devenue une préoccupation majeure de santé publique et de gestion de l’environnement pour le gouvernement. Les pesticides autres fois solution contre les ravageurs et les insectes nuisibles des plantes et des cultures, deviennent de plus en plus un danger sanitaire pour l’homme et son biotope, a relayé le Ministère togolais de l’Environnement et de la Ressource forestière (MERF).

Selon la même source, une étude pilote menée entre 2021 et 2022 dans les préfectures de Bassar et de Moyen Mono par le ministère de l’environnement et des ressources forestières (MERF) sur l’utilisation des pesticides, a révélé des cas de brûlures chimiques par contacte et d’intoxication via les aliments, une forte mortalité des animaux domestiques et sauvages, le cancer, la pollution de l’eau, la disparition des microorganismes, l’appauvrissement des sols, etc.

Le glyphosate et le paraquat sont les substances chimiques les plus incriminées au Togo à cause de leurs usages comme désherbant. Ainsi, dans le cadre de la mise en œuvre des Conventions de Rotterdam sur le commerce international des produits chimiques et de Stockholm sur les polluants organiques persistants, le gouvernement togolais avec l’appui technique et financier de la FOA a initié et formulé à travers le MERF, le « projet d’appui à la gestion efficiente des pesticides dans le secteur agricole au Togo (ProGePestA) », a souligné le MERF dans son site internet.

Ce projet qui, ambitionne de porter à l’échelle les études afin d’asseoir une meilleure stratégie de gestion de l’utilisation de ces pesticides a été officiellement lancé ce 21 décembre 2023 dans la salle de réunion du MERF par le ministre de l’environnement et des ressources forestières, représenté par son secrétaire général.

Le secrétaire général, Col. Dimizou Koffi, dans son allocution, a révélé les atteintes graves de ces pesticides sur la diversité biologique et l’écosystème puis, a souligné la nécessité de réduire les risques liés à ces pesticides sur l’environnement et la santé par des actions conjuguées et concertées.

Pour le représentant de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au lancement du projet, Dr. Djiwa Oyétoundé, plus de 385 millions d’intoxications sont recensées chaque année dans le monde, ce qui rend complexe le défi d’accroître la production alimentaire mondiale pour assurer la sécurité alimentaire des 9,3 milliards d’habitants de la planète. Il a souligné que non seulement les pesticides chimiques sont  dans nos plats et dans nos verres mais aussi sur nos terrains de jeux ; un défi agricole de taille à relever, lit-on dans la même source.

Le ProGePestA est estimé à un coût total de 304 000 USD pour une durée de deux ans avec une série d’action notamment : l’extension de l’étude d’évaluation des risques sur les 39 préfectures du Togo, la formation des agents des services de l’agriculture et de l’environnement sur la surveillance environnementale de l’usage des pesticides, l’accompagnement des maraichers dans la mise en place des jardins-écoles, etc. A l’issue du projet, des alternatives aux pesticides chimiques vont être développées pour une meilleure prise en compte de l’environnement et de la santé dans les pratiques agricoles.

Moctar FICOU / VivAfrik

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