Afrique subsaharienne : Les ventes de riz de l’Inde se situeraient entre 8 et 9 millions de tonnes en 2023

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En 2023, les exportations de riz de l’Inde vers l’Afrique subsaharienne (ASS) sont attendues dans une fourchette comprise entre 8 et 9 millions de tonnes. C’est ce qu’indiquent les récentes données de Trade Data Monitor (TDM) relayées par le Département américain de l’agriculture (USDA) dans son dernier rapport mensuel sur le marché céréalier, a-t-on appris de l’Agence Ecofin qui a parcouru le rapport.

Ce volume en recul par rapport au stock de près de 11 millions de tonnes expédiées un an plus tôt, signerait la fin de 3 années consécutives de progression qui ont vu la part du pays dans les approvisionnements de l’ASS passer de 31 % à 66 %.

Selon Ecofin, l’arrêt de la dynamique de l’Inde dans cette zone névralgique pour le commerce mondial (32 % des achats mondiaux) est le résultat des restrictions appliquées depuis septembre 2022 sur diverses catégories de riz.

Le pays interdit actuellement en effet, les exportations de riz blanc non-basmati et de riz brisé. De même il applique une taxe de 20 % sur les expéditions de riz étuvé ainsi qu’un prix plancher de 950 $ sur chaque tonne de riz basmati vendue à l’étranger.

Le riz brisé qui représente une importante partie des exportations indiennes vers l’Afrique subsaharienne en particulier la zone ouest-africaine ont connu une forte baisse même si les autorités ont accordé des dérogations au Mali, au Sénégal et à la Gambie, a souligné l’USDA.

Notons que l’Afrique subsaharienne dépend pour environ 40 % des importations pour sa consommation de riz qui dépasse les 35 millions de tonnes chaque année. Pour combler ce gap, la région compte sur les principaux fournisseurs asiatiques. Une aubaine pour le Pakistan et la Thaïlande ?

En Afrique subsaharienne, la baisse des envois de riz de l’Inde pourrait constituer un terreau favorable pour une percée du Pakistan notamment dans le riz brisé. En effet, le Pakistan est un acteur important sur ce segment et peut tirer parti de la demande croissance de cette catégorie de riz qui répond plus aux sensibilités des consommateurs notamment ouest-africains dans un contexte d’inflation.

Avec ses exportations globales de riz prévues pour atteindre un record de 5 millions de tonnes en 2023/2024 et la faiblesse de la roupie pakistanaise qui rend les cargaisons plus compétitives, le Pakistan pourrait grappiller quelques parts de marché en ASS d’ici à la fin de cette année 2024.

En dehors de ce pays, la Thaïlande, second exportateur mondial, est aussi bien positionnée pour profiter de la moindre présence de l’Inde sur le marché africain. Le pays qui exporte principalement du riz blanc et du riz étuvé (77 % des ventes globales en 2022) pourrait enregistrer une croissance de ses ventes notamment au Nigéria, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, a ajouté l’Agence Ecofin.

Pour rappel, la Thaïlande jouissait du titre de premier exportateur de riz vers l’ASS entre 2014 et 2019 avant de céder cette place au pays le plus peuplé du monde en 2020.

Moctar FICOU / VivAfrik

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