Une plantation artisanale de vanille de l’île aux Nattes fait l’objet d’une visite à Madagascar  

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A Madagascar, un couple franco-malgache dans le secteur de la vanille depuis des générations a décidé il y a 10 ans de se lancer dans la culture et la commercialisation de la gousse sur l’île aux Nattes, petit coin de paradis de 3 km² au large de la côte Est malgache. La petite exploitation accueille désormais des touristes pour une immersion sensorielle, gustative et totalement écologique.

 « Elle est bien épaisse, elle est bien dure, bien charnue. Cela fera un bon produit, un produit de qualité. » Son secret, il le partage volontiers. Il ne pollinise qu’une fleur sur deux. « Si on pollinisait toutes les fleurs, on aurait des gousses qui feraient 14-16 cm. Mais là, ça nous permet d’avoir des gousses qui font 20-22 cm », a expliqué, à RFI, Lionel Schmitt qui présente, au visiteur ses protégées : des gousses vertes, au calibre exceptionnel devant l’un de ses 2 000 pieds de vanille. « Alors, tu vois, là, il y a les pétales de la fleur qui s’ouvrent et si à midi on n’a pas pollinisé, la fleur va se refermer et là, c’est terminé, elle ne produira plus. Donc, il faut polliniser avant midi ».

Lionel a tout appris de son épouse, Lynda Razanavololona. Comme elle, il reproduit le geste, vif et précis, de la pollinisation manuelle, à l’aide d’une épine de citronnier cueillie sur l’agrume d’à côté.

M. Schmitt a ajouté que « à, juste en dessous de mon pouce, tu as le sac à pollen, et en dessous, le pistil. Je dégage le pistil et l’étamine, je lève le petit opercule, tout simplement, et je mets en contact le sac à pollen et le pistil pendant cinq secondes ».

Pas de produits chimiques

Les visiteurs peuvent s’initier au geste. La promenade se poursuit. La chaleur est intense et les odeurs, multiples. Le sol est meuble, presque élastique. Des troncs de bananiers jonchent la plantation, vestiges de la dernière tempête, la semaine passée. Ils feront de l’humus en se désagrégeant et nourriront les pieds de vanille.

Ici, nulle trace de produits chimiques. Les petits tracas se règlent grâce à des solutions naturelles.

« On avait un problème avec les escargots, qui nous mangeaient les feuilles de vanille. Et ce qu’on a trouvé, c’est qu’il fallait juste faire un habitat pour les hérissons et il suffit de mettre des branches, des feuilles, tout un amas de produits où ils puissent faire un nid. Ils sont venus. Et depuis, ce sont eux qui nous mangent les escargots », a encore confié Lionel Schmitt à nos confrères de RFI.

« Tout est artisanal »

Au village, la visite de la petite exploitation a rehaussé l’offre culturelle touristique de l’île et fait la joie des habitants. À la boutique, Lynda emballe avec soins les gousses qui ont séché dans des bouteilles en verre.

« On est passionnés. Moi, je suis quatrième génération qui cultive, qui prépare, et qui vend de la vanille. Tout est artisanal », assure Lynda. « Nous, on ne récolte pas à la date de l’ouverture de la campagne vanille. On préfère attendre plusieurs semaines pour que notre vanille soit bien mûre et ait plus de vanilline. »

Star de Madagascar, fleuron de l’agriculture nationale, la vanille qui a fait de la Grande île le premier exportateur mondial de l’épice, se dévoile ici, à l’île aux Nattes, en toute simplicité.

Moctar FICOU / VivAfrik

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