La BAD et ses partenaires mobilisent les acteurs du bassin du Congo sur des financements innovants pour préserver les forêts

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Préparer une stratégie de mobilisation post-2025, améliorer la coordination des initiatives de financement, renforcer les capacités des pays pour valoriser leurs ressources naturelles et créer des mécanismes financiers inclusifs pour attirer des investissements privés dans la gestion durable des forêts, sont entre autres les fortes recommandations retenues à l’issue de la 20ème réunion des parties du Partenariat pour les forêts du bassin du Congo (PFBC) achevée le 5 juin 2024 à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

Selon un communiqué émis par la Banque africaine de développement (BAD) et dont VivAfrik détient copie, plus de 700 acteurs engagés dans la préservation des forêts du bassin du Congo, parmi lesquels des ministres, des hauts responsables de la région de l’Afrique centrale, des experts, des partenaires du développement ainsi que des membres de la société civile et du secteur privé ont pris part à l’événement.

Une délégation du Groupe de la Banque, conduite par Al Hamndou Dorsouma, chef de division au Département du changement climatique et de la croissance verte, a organisé, en partenariat avec la coopération allemande, plusieurs panels sur l’accélération du développement des mécanismes de financement innovants.

L’un des panels a analysé les engagements financiers de la Déclaration de Glasgow 2021-2025, où douze pays et le Bezos Earth Fund se sont engagés à mobiliser 1,5 milliard de dollars américains pour la protection des forêts et 1,7 milliard de dollars pour soutenir les peuples autochtones et les communautés locales. Le rapport de la Task Force Fair Deal a également été discuté pour proposer des stratégies de financement durable pour les écosystèmes forestiers d’Afrique centrale. Il a aussi été question de l’importance d’assurer la durabilité du financement dans le bassin du Congo, en encourageant un engagement du bassin du Congo post-Glasgow d’ici à la COP 30, a relayé la BAD dans le texte.

Un autre panel avait pour thématique les mécanismes de financement innovants. Il a permis de souligner la nécessité d’une meilleure coordination, la transparence et l’adaptabilité des mécanismes à l’Afrique centrale. Charlotte Eyong, chargée régionale du changement climatique et de la croissance verte pour l’Afrique centrale à la Banque, a insisté sur l’importance de valoriser le financement existant, en encourageant une planification stratégique dans les pays qui permettent l’intégration de la gestion durable des forêts, de la biodiversité, des écosystèmes et du climat dans les projets d’investissement en cours de développement dans les pays.

Bien que plusieurs mécanismes financiers existent en Afrique centrale, les panélistes ont indiqué que leur mise en œuvre restait limitée et que la participation du secteur privé au financement de la protection des forêts demeurait faible. L’une des recommandations principales de ce panel a ciblé la nécessité d’assurer la transparence et la coordination des initiatives dans le bassin du Congo, en encourageant une appropriation des initiatives et un financement ancré dans le concept de financement juste et équitable pour les forêts d’Afrique centrale.

Bernice Savy, économiste pays de la Banque africaine de développement pour le Gabon, a, selon le communiqué, présenté d’autres pistes de solutions. Celles-ci incluent l’amélioration du climat des affaires pour accroître les flux d’investissements privés, le renforcement de capacités sur les mécanismes novateurs de financements climatiques qui requièrent des expertises spécifiques, le recours à des financements mixtes ainsi que l’élaboration de projets bancables et pouvant bénéficier d’investissements en faveur de l’action climatique pour réduire les risques financiers et les coûts de préinvestissements.

Pour M. Dorsouma, il faut surmonter les défis d’accès à la finance climatique pour les pays du bassin du Congo. Il a mentionné divers instruments de financements innovants, tels que les paiements pour services écosystémiques, les financements mixtes, les échanges dette contre nature, les marchés carbone et les certificats de nature, qui sont malheureusement déployés de manière inégale entre les différents bassins forestiers tropicaux. Il a ainsi souligné l’importance d’accroître les investissements du secteur privé pour la gestion durable des forêts dans le bassin du Congo.

À l’ouverture de la réunion, Prosper Dodiko, ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage du Burundi et président en exercice du Conseil des ministres de la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC), avait mis en exergue la réalité des changements climatiques et la nécessité de trouver des solutions concrètes, insistant sur le rôle central de la République démocratique du Congo (RDC), a encore souligné le document officiel.

Qui a fait part que lors de la cérémonie de clôture de l’événement, la ministre d’État chargée de l’Environnement et du Développement durable de la RDC, Ève Bazaiba, a appelé tous les partenaires à respecter leurs engagements pour la protection des écosystèmes. Elle a insisté sur l’importance de protéger la nature pour assurer la survie de l’humanité et limiter la hausse de la température moyenne mondiale à 1,5° Celsius. Elle a souligné que les pays du bassin du Congo devaient jouer leur rôle dans cette lutte cruciale contre les changements climatiques.

La réunion, organisée en collaboration avec la Commission des forêts d’Afrique centrale, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, les partenaires du PFBC et le gouvernement de la République démocratique du Congo, revêtait un caractère crucial pour la lutte contre les changements climatiques et la protection de la biodiversité.

Moctar FICOU / VivAfrik

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