Le projet aurifère Diamba Sud, dans la région de Kédougou au Sénégal, disposera d’une centrale électrique captive équipée de cinq moteurs Wärtsilä. Présentée comme compatible avec l’intégration future du solaire ou de l’éolien, l’installation fonctionnera toutefois, dans sa configuration initiale, avec des générateurs utilisant du fioul lourd et du fioul léger.

Le développement du projet aurifère Diamba Sud franchit une nouvelle étape avec la commande d’une centrale électrique de 14 mégawatts destinée à alimenter exclusivement le futur site minier.

Le groupe finlandais Wärtsilä fournira cinq moteurs Wärtsilä 32 à Africa Power Services, l’entreprise chargée de l’ingénierie, de l’approvisionnement et de la construction de la centrale pour le compte de Fortuna Mining. Les équipements doivent être livrés en mars 2027, pour une mise en service attendue avant la fin de la même année, selon le communiqué publié par Wärtsilä.

Sécuriser l’approvisionnement d’une mine isolée

Situé dans le sud-est du Sénégal, à environ 83 kilomètres au nord-est de Kédougou, le projet Diamba Sud se trouve dans une zone éloignée du réseau électrique. La future mine dépendra donc de cette centrale captive pour assurer le fonctionnement continu de ses installations d’extraction et de traitement.

Le choix de plusieurs groupes électrogènes, plutôt que d’une seule unité de grande puissance, doit permettre d’adapter plus précisément la production aux variations de la demande. Cette configuration modulaire peut améliorer le rendement énergétique et limiter la consommation de carburant lorsque la mine fonctionne en dessous de sa charge maximale.

Elle offre également une plus grande souplesse pour équilibrer un futur micro-réseau associant des sources intermittentes comme le solaire ou l’éolien.

Une centrale flexible, mais initialement thermique

La communication de Wärtsilä insiste sur la capacité technique des moteurs à accueillir ultérieurement des énergies renouvelables. Elle ne précise cependant pas le combustible qui sera employé au démarrage.

L’étude de faisabilité publiée par Fortuna Mining indique que les générateurs sécurisés pour Diamba Sud fonctionneront au fioul lourd — HFO — et au fioul léger — LFO.

La modularité des moteurs peut donc réduire les consommations et les émissions par rapport à une centrale thermique moins flexible. Elle ne transforme pas, à elle seule, l’installation en infrastructure bas carbone.

Cette distinction est essentielle : être techniquement compatible avec les renouvelables ne constitue pas encore un programme de décarbonation.

L’hybridation reste à documenter

Fortuna Mining a annoncé son intention d’ajouter prochainement des énergies renouvelables au micro-réseau. À ce stade, les informations rendues publiques ne précisent toutefois ni la capacité solaire ou éolienne envisagée, ni la part future des renouvelables dans la production, ni le calendrier d’investissement.

Aucune indication n’est également fournie sur l’intégration éventuelle d’un système de stockage par batteries, qui pourrait pourtant réduire le recours aux moteurs thermiques et faciliter l’utilisation d’une plus grande proportion d’électricité solaire.

Les prochaines étapes devront donc permettre de mesurer si la flexibilité annoncée débouche sur une véritable hybridation ou demeure une possibilité technique non encore financée.

Un projet aurifère majeur pour le Sénégal

Diamba Sud est présenté par Fortuna Mining comme l’un de ses principaux projets de croissance en Afrique de l’Ouest. L’étude de faisabilité prévoit un investissement initial d’environ 397,5 millions de dollars, une durée d’exploitation de 9,4 ans et une production annuelle moyenne de 116 000 onces d’or. La première coulée d’or est ciblée au deuxième trimestre 2028.

À la délivrance du permis d’exploitation, l’État du Sénégal doit recevoir une participation gratuite de 10 % dans le projet et pourra, selon les conditions exposées par Fortuna, acquérir une participation contributive supplémentaire pouvant atteindre 25 %.

Au-delà de la seule sécurisation électrique de la mine, Diamba Sud constituera ainsi un test important pour l’articulation entre développement minier, performance énergétique et engagements climatiques au Sénégal.

La trajectoire devra notamment être appréciée à partir d’indicateurs vérifiables : calendrier d’installation des renouvelables, capacité effectivement déployée, recours éventuel au stockage, consommation annuelle de combustibles et émissions de gaz à effet de serre par once d’or produite.

La véritable avancée ne résidera donc pas uniquement dans la capacité de cette centrale à accueillir les renouvelables, mais dans la rapidité et l’ampleur avec lesquelles cette possibilité sera concrétisée.