Selon la FAO, les zones côtières contiennent 27% de la superficie forestière mondiale

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Un nouveau rapport de la FAO pallie au manque d’informations concernant la présence et de l’étendue des forêts et arbres dans les zones arides du monde, là où la sécurité alimentaire et les moyens d’existence de millions de personnes, déjà précaires, sont de plus en plus menacés par le changement climatique.

Publiées hier, les conclusions préliminaires de l’étude (le rapport entier sera publié plus tard cette année) indiquent, selon mediaterre.org, que les arbres sont présents avec des densités extrêmement variables sur presque un tiers des 6,1 milliards d’hectares de zones arides dans le monde. En d’autres termes, il s’agit d’une surface deux fois plus grande que le continent africain et constituée de forêts, à environ 18%. On estime à près de 2 milliards, le nombre de personnes à vivre en zones arides et 90% d’entre eux sont situés dans les pays en développement. Des études récentes ont mis en avant la nécessité de restaurer ces zones afin de faire face aux effets de la sécheresse, de la désertification et de la dégradation des terres. La disponibilité de l’eau en milieu aride, en particulier, devrait continuer à baisser en raison des changements climatiques et de l’utilisation des terres. Les populations pauvres vivant dans des zones rurales éloignées seront les plus vulnérables face aux pénuries alimentaires, qui associées aux violences et aux troubles sociaux, provoquent déjà des migrations forcées dans les régions arides d’Afrique et d’Asie de l’ouest. Jusqu’ à présent, très peu de statistiques portent sur les arbres en milieu aride, surtout pour ceux qui poussent hors des forêts, malgré leur importance vitale pour les humains et l’environnement. Les feuilles et les fruits des arbres sont sources de nourriture pour les populations et de fourrage pour les animaux. Leur bois fournit également du carburant pour faire la cuisine et pour le chauffage et est également une source de revenus pour les ménages pauvres. Les arbres protègent les sols, les cultures et les animaux du soleil et du vent tandis que les forêts sont souvent riches en biodiversités.

Une source de nouvelles données, une technologie qui rend possible les études à grande échelle en un temps record

Première évaluation statistique portant sur l’utilisation des terres dans les zones arides du monde en se basant sur des échantillons, l’étude de la FAO fournit des bases afin de surveiller les évolutions des forêts en milieu aride, du couvert végétal (au niveau de sa densité) et de l’utilisation des terres. Ainsi, pour les gouvernements, les donneurs et autres intervenants opérant dans les domaines du développement durable, il s’agit d’un outil précieux afin de les guider dans l’élaboration de politiques et pour cibler leurs investissements. A l’aide d’images satellites accessibles au public par le biais de Google Earth Engine, Bing Maps ou encore d’autres sources, l’étude de la FAO tire ses renseignements de plus de 200 000 places-échantillons dont chacune mesure approximativement 0,5 hectare. L’erreur d’échantillonnage pour la superficie totale des forêts en milieu aride est estimée à – 1%. Les images satellites ont été interprétées par Collect Earth, un outil faisant partie de l’ensemble de logiciels libre Open Foris ; un logiciel en accès libre développé par le Département foresterie de la FAO pour faciliter la collecte, l’analyse, les rapports et les échanges de données pour les experts du monde entier.

Rétablir les systèmes d’arborescence et autres écosystèmes fragiles en milieu aride

La méthodologie de l’étude est déjà utilisée pour l’évaluation et le suivi de base dans le cadre d’un projet mis en place par la FAO et appelé Action contre la désertification, une initiative des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Acp). Pendant quatre ans, jusqu’à 2019, les Acp, l’Union européenne, la FAO, la Commission de l’Union africaine et d’autres partenaires apporteront leur aide à six pays africains (le Burkina Faso, l’Ethiopie, la Gambie, le Niger, le Nigéria et le Sénégal) ainsi qu’aux iles Fidji et à Haïti afin d’améliorer les conditions et la productivité des terres affectées par la dégradation, la sécheresse et la désertification.

Moctar FICOU / VivAfrik

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