Le recyclage des déchets électroniques bat son plein

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Jeter ses vieux équipements électroniques ou ses piles usagées dans la poubelle d’ordures ménagères semble anodin. Pourtant c’est une source importante d’accumulation de métaux lourds, de plastiques et de gaz dans l’environnement, conduisant à la pollution de l’air, des sols et des eaux. Où finissent nos vieux équipements lorsqu’on les jette à la benne ? Comment sont-ils transformés pour créer les appareils de demain ? Et les batteries dans tout ça ? blog.pages-energie.com jette un regard sur cette série de question pour en déduire une conclusion.

Qui sont les acteurs du recyclage électroniques ?

Les circuits électroniques envahissent nos habitations, c’est pourquoi leur recyclage est nécessaire afin de leur donner une seconde vie et ainsi, créer un cycle pour garantir la durabilité des ressources non renouvelables. Alors que les besoins en équipements électroniques augmentent dans tous les secteurs (dont le bâtiment avec la domotique), les ressources s’épuisent. En France et dans les autres pays industrialisés, on produit entre 20 et 50 millions de tonnes de Déchet d’équipements électriques et électroniques (Deee) par an. Les Deee contiennent des matériaux très polluants pour les sols, les eaux et l’air comme des métaux lourds, des composés organiques dont la combustion est cancérigène et parfois des gaz qui peuvent être parfois extrêmement nuisibles à la couche d’ozone. Il existe aujourd’hui, 220 centres de traitement de déchets d’équipements électroniques en France. Leur rôle est de choisir quelle sera la meilleure opération pour traiter le déchet : réemploi, réutilisation, dépollution, broyage, recyclage, traitement physico-chimique…

Bien souvent, lors du recyclage, les plastiques (il y en a 20 types différents) sont broyés, triés et fondus pour former des granulats qui seront vendus par la suite pour recréer de nouveaux appareils. Les métaux subissent à peu près le même traitement que les plastiques et sont réemployés dans de nouvelles applications comme la joaillerie, l’électronique, le mobilier, l’outillage… Umicore est l’une des sociétés (belge) qui récupère les composants électroniques jetés à la benne pour les convertir en métaux comme l’aluminium, le cuivre, le palladium, l’argent ou encore l’or.

Recycler les batteries : un enjeu planétaire pour un environnement plus sain

A-t-on le droit de dégrader l’environnement pour faire des économies ? La réponse est oui pour certains et c’est bien là le problème. Quand on sait qu’il est moins cher d’acheter du lithium que de le recycler, on se doute que les industriels préfèrent racheter la matière première plutôt que de la restaurer. Mais faut-il attendre l’épuisement des ressources pour changer sa façon de produire ? On sait qu’en fin de vie beaucoup de batteries de véhicules électriques ont encore jusqu’à 75 % de leur capacité. C’est pourquoi le réemploi dans des applications moindres (nécessitant des performances plus faibles) est indispensable pour exploiter au maximum leur potentiel avant de pouvoir enfin les recycler. Renault a mis en place le programme e-Stor au Royaume-Uni dans quelques stations de recharge rapide où il réemploie des batteries de véhicule afin de limiter l’impact environnemental. « Avec le recyclage, on considère que l’on a une batterie gratuite à partir de 3 batteries au plomb » souligne Marion Perrin, directrice du laboratoire de stockage de l’énergie de l’INES (Institut National de l’Énergie Solaire).

Moctar FICOU / VivAfrik

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