Journée mondiale de l’alimentation au Sénégal : migrations, sécurité alimentaire et le développement rural

0

 La Journée mondiale de l’alimentation (Jma) était célébrée, lundi 16 octobre 2017, au Sénégal. Les festivités, qui étaient prévues à Sédhiou, se sont déroulées sur le thème : « Changeons l’avenir des migrations. Investissons dans la sécurité alimentaire et le développement rural ».

La question de la migration forcée, plus précisément les voies et moyens de faire face à ce phénomène, a était au cœur de la réflexion de la Journée mondiale de l’Alimentation qui a était célébrée, lundi 16 octobre 2017, au Sénégal. Cette année, c’est la région de Sédhiou qui a été retenue pour accueillir les festivités qui vont se dérouler sur le thème : « Changeons l’avenir des migrations. Investissons dans la sécurité alimentaire et le développement rural ». Autrement dit, il s’agit de réfléchir sur comment valoriser le potentiel des migrations pour un développement agricole et rural durable. Cette célébration a aussi été l’occasion de mettre en lumière les réalisations et les efforts accomplis par le gouvernement du Sénégal dans le domaine agricole en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao). En prélude à cet événement, le ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural et l’organisation onusienne ont organisé un point de presse. Dans un contexte marqué par une amplification sans précédent du phénomène migratoire, le choix de ce thème n’est pas fortuit, selon le représentant-résident par intérim de la Fao Reda Lebtahi. « Contrairement à l’opinion la plus répandue, la majorité des migrants (environ 763 millions d’individus) se déplace à l’intérieur de leur propre pays, des zones rurales vers les centres urbains, plutôt qu’à travers les frontières. De fait, ces zones rurales, sujettes à la pauvreté et à la dépendance d’une agriculture aux rendements faibles, sont les plus grandes victimes de ces exodes massifs », a-t-il déclaré. C’est pourquoi, a-t-il ajouté, il est essentiel de créer des opportunités permettant aux populations rurales, en particulier aux jeunes, de développer leurs territoires, pour faire face aux crises qui se présentent. Il est d’avis qu’en investissant dans le développement rural, la communauté internationale peut aussi exploiter le potentiel des migrations pour soutenir le développement et renforcer la résilience des populations déplacées et des communautés d’accueil, jetant ainsi les bases d’un redressement de longue durée et d’une croissance inclusive durable ».

Le considérant à la fois comme cause et conséquence des changements intervenus dans l’agriculture et le monde rural, le phénomène migratoire, selon le directeur de l’agriculture, Omar Sané, est étroitement lié à la problématique de l’emploi des jeunes et des femmes. Il a appelé à changer les mentalités et la perception que les jeunes ont de l’agriculture. « L’agriculture a été considérée, jadis, par les jeunes comme une activité marginale, dévalorisante et dégradante. Les jeunes sur qui reposent les nouvelles espérances de production agricole et d’autosuffisance alimentaire ne peuvent pas se contenter d’une agriculture d’autosuffisance qui permet juste de se nourrir. Ce que veulent nos jeunes, c’est un mieux-être, gagner un peu plus d’argent afin de satisfaire des besoins primaires (…) et une vie meilleure », a-t-il dit, estimant que ces nouveaux agriculteurs seront les meilleurs ambassadeurs d’une agriculture sénégalaise qui apparaîtra, à travers eux, comme un secteur productif rentable et valorisant. A ce propos, Omar Sané souligne que les réformes engagées par le ministère de l’Agriculture à travers le Pracas ont permis d’accroître la croissance du sous-secteur agricole qui est passé de 0,29 % en 2013 à 31,51 % en 2015. « Ce qui signifie, en langage simple, qu’aujourd’hui, les revenus des producteurs ont augmenté en faveur d’une augmentation de la production et des prix de collecte aux producteurs », a-t-il expliqué.

Moctar FICOU / VivAfrik

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here