Du mobilier haut de gamme issu des ordures au Ghana

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Donner une seconde vie aux ordures qui envahissent les rues du Ghana. Tel est le dessein de Joseph Awuah-Darko, âgé de 21 ans et né à Londres. Assisté par son amie de l’université, il a fondé l’ONG Agbogblo.Shine Initiative. Et la principale mission de sa structure est de recycler les matériaux usagés pour en faire du mobilier haut de gamme, tout en offrant une formation et un travail aux « Salvagers », les fouilleurs de poubelles.

Grâce aux déchets du vaste site d’Agbogbloshie, un quartier d’Accra où tout est noir : l’air, les vêtements, les mains et les visages (sacs plastiques, de câbles, de bouteilles), l’universitaire à confectionner une horloge de parquet faite à partir d’un essieu de voiture galvanisé, d’aluminium et d’un morceau de vieille pendule. Elle a été vendue à un homme d’affaires de la capitale ghanéenne. En outre, deux hôtels haut de gamme d’Accra s’étaient également portés acquéreurs de cette pièce originale, selon Joseph, qui a aussitôt décidé de confectionner une série sur le même modèle. Il espère une centaine de « Salvagers » abandonneront la décharge pour fabriquer des meubles et percevoir un salaire. Il ambitionne même de proposer un jour cet artisanat de luxe à des maisons de ventes aux enchères.

Conscient que des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants sont sans emploi formel, une situation qui les obligent à fouiller les détritus pour en extraire des pièces à revendre à prix bradés, M. Awuah-Darko décide de voler au secours de compatriotes. Ainsi, en septembre 2017, Joseph et son amie Cynthia Nuhonja multiplient les allers et retours entre deux univers diamétralement opposés : leur campus universitaire privé, dans la périphérie boisée d’Accra, et la décharge. Ils financent en partie eux-mêmes leur ONG, aidés par un incubateur de start-up mis en place par l’université Ashesi et par des subventions de la fondation Ford. Avec ce financement, 20 « Salvagers » les plus motivés de la décharge ont été sélectionnés et subissent actuellement une formation en menuiserie dans une école d’artisanat, apprenant à créer des tabourets à trois pieds qu’un hôtel de la capitale leur a commandés. Par ce geste, Joseph estime que son initiative permettra non seulement d’améliorer leurs conditions de travail, mais aussi de contribuer à préserver l’environnement. En offrant aux ordures une seconde vie, il veut réduire la libération de substances chimiques toxiques à l’air libre.

Moctar FICOU / VivAfrik

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