Gouvernance territoriale au Sénégal : à nouveau concept, nouveau dispositif

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La prise en compte du territoire est-elle une réponse aux crises politiques, économiques et sociales qui secouent le monde ? Telle semble être la question à laquelle plusieurs chercheurs ont tenté de répondre ces dernières décennies et qui donne à la notion de gouvernance territoriale tout son sens.  Elle se pose à la suite du constat que les dimensions territoriales du développement ne sont pas forcément ou suffisamment prises en charge par les approches économiques, politiques et sociales de la gouvernance.

La relation des populations à leur territoire, la question des échelles pertinentes d’action, les territorialités structurantes (mobilité, urbanisation), les proximités et accessibilités, de même que le réseautage des acteurs et leur multiplicité sont autant de questions complexes qui ne peuvent être appréhendées sans une approche territoriale. L’émergence d’entités décrochées des échelles classiques, autonomes et de plus en plus prégnantes dans l’animation et l’organisation économique du monde est donc une marque de gouvernance dans laquelle « le territoire devient un espace central de coordination entre des acteurs cherchant à résoudre des problèmes productifs inédits.

Vers la territorialisation de l’action publique

Au Sénégal, comme dans beaucoup de pays africains, la réponse de l’Etat est allée dans le sens des réformes visant l’approfondissement de la  gouvernance décentralisée puis la territorialisation de l’action publique. Hors, l’évolution idéologique des politiques publiques dans les années 2000, appelle à une remise en question des modes d’application de nos politiques territoriales.

Même si, dans ce cadre, la décentralisation et le développement local sont les premières réformes qui traduisent le renversement méthodologique, elles n’ont pas exploité toute la philosophie de la démarche. Certes, elles ont porté sur l’implication des populations, leur autonomie, leur participation et la coordination, mais elles sont restées dans un schéma mécaniste et universaliste.

À nouveau concept, nouveau dispositif

Pourtant, l’idée d’une gouvernance territoriale est de dépasser ce cadre mimétique en vue d’une prise en charge des spécificités locales et des réalités socio-économiques propres à chaque territoire. Ses dynamiques visant à favoriser une plus grande justice sociale et une équité territoriale dans la définition des politiques ainsi que dans l’allocation et la gestion des ressources. Elles devaient ainsi conduire à une reconstruction des espaces de références et de prises de décisions, comme le soulignait le Ministère chargé de la décentralisation au Sénégal en 2003 : à nouveau concept, nouveau dispositif. Elles auront entraîné des réformes institutionnelles, organisationnelles et un renouvellement méthodologique pour prendre en charge la valeur stratégique de l’espace et des territoires.

« La gouvernance territoriale consacre dans cette perspective la notion de subsidiarité qui veut que chaque question soit résolue au niveau le plus pertinent qui ne soit pas forcément le niveau central, puisque, dans leur grande majorité, les questions sociales, d’emploi, d’insertion socio-économique, sont avant tout des préoccupations dont l’ampleur et l’acuité varient d’une localité à une autre. » Samb M., 2004, Revue annuelle, Sénégal.

Mame Diaara SAMB / VivAfrik

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