La genèse de la Journée mondiale de la pêche

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Le 21 novembre est la journée mondiale des pêcheurs artisans et des travailleurs de la mer depuis l’année 1997. Cette année-là, les oubliés du secteur de la pêche, petits métiers, femmes transformatrices de poisson, employés de marée ou ouvriers d’usine de poisson de 32 pays étaient en réunion à Delhi en Inde afin de créer leur organisation internationale.

Le 21 novembre est depuis 1997 la Journée Mondiale de la Pêche. Il y a 21 ans, des représentants d’artisans pêcheurs traditionnels et de travailleurs du secteur de la pêche de 32 pays se sont réunis pour créer leur organisation internationale.

Ces travailleurs et travailleuses du secteur de la pêche ont décidé de créer la journée mondiale ainsi que le forum mondial des pêcheurs et des travailleurs de la pêche, en insistant sur l’importance du regroupement des pêcheurs artisans pour défendre leurs droits.

Cette nouvelle organisation vise à défendre et à promouvoir les intérêts des hommes et des femmes qui vivent de la pêche artisanale. Elle permet de mettre en valeur les liens de solidarités qui se sont noués entre les différentes organisations de pêcheurs artisans et de travailleurs de la pêche à travers le monde.

Cette journée permet également de mettre en exergue des questions d’actualités essentielles pour l’avenir du secteur des pêches maritimes.

Lors de la célébration de l’édition 2018 de la Journée mondiale de la pêche ce mercredi 21, le cardinal Peter Turkson a, dans un message, rendu compte de l’importance d’une telle journée de sensibilisation.

«Pour se rendre compte de l’importance de célébrer la Journée mondiale de la pêche, il suffit de considérer les données de la FAO de 2016, qui indiquent qu’à cette date 59, 6 millions de personnes, dont 14% de femmes, travaillaient dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture», a-t-il noté dans son texte. Ajoutant que «la grande majorité de la population engagée dans ces secteurs se trouvait en Asie (85%), suivie de l’Afrique, de l’Amérique latine et des Caraïbes, fournissant quelque 171 millions de tonnes de poissons sur le marché global et engendrant une valeur de première vente estimée à 320 milliards de dollars. Les chaînes globales de valeur du poisson, qui incluent la production, le traitement, la distribution et le commerce du produit servent à l’alimentation d’environ 820 millions de personnes. La consommation de poisson procure environ 20% des protéines animales à près de 3, 2 milliards de personnes», peut-on lire dans le document.

Des défis préoccupants

Le préfet du Dicastère pour le Développement Humain Intégral signale toutefois que ces chiffres  cachent «des problèmes innombrables et persistants. Tout en haut de la liste, en plus des abus physiques et verbaux, nous trouvons l’exploitation massive des pêcheurs, y compris de nombreux cas de travail forcé, le trafic d’êtres humains et les disparitions en mer. Nous pouvons voir des liens directs entre ces abus et l’utilisation de pavillon de complaisance, la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (IUU) et le crime transnational. En outre, nous ne devons pas oublier le défi de la durabilité des stocks marins, la pollution et d’autres problèmes environnementaux», a-t-il détaillé dans des propos relayés par vaticannews.va.

Le cardinal Turkson réaffirme ensuite quelques principes fondamentaux issus de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. «Ces droits fondamentaux du travail sont des droits humains et doivent être aussi des droits des pêcheurs !», souligne-t-il.

Dans le message sont également saluées les actions des pays membres des agences spécialisées des Nations Unies, de l’industrie de la pêche et de la société civile pour relever les défis du secteur de la pêche.

Une coopération à poursuivre à tous les échelons

Cependant, «l’écoute des aumôniers et des volontaires de l’Apostolat de la Mer dans le monde entier, semble faire ressortir que tous ces efforts ne suffisent pas. Le nombre de Gouvernements ayant ratifié les instruments internationaux est encore trop faible et, en certains endroits, l’industrie de la pêche continue à souffrir des politiques n’obéissant qu’à la recherche du profit», regrette le cardinal Turkson.

Il s’adresse ensuite «aux agences internationales afin qu’elles unissent leurs efforts en mettant de côté les différences, les antagonismes et les rivalités pour définir une feuille de route menant à une large ratification et application des instruments internationaux. Cette coopération devrait être poursuivie au niveau global, régional et local et garantir l’implication de la société civile, de l’industrie et des vendeurs, des ONG, des syndicats et de l’Église», recommande le prélat.

Malgré une situation difficile, «en travaillant ensemble, nous pouvons faire cesser la traite d’êtres humains et le travail forcé en mer, améliorer les conditions de travail et de sécurité et combattre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (IUU), dans l’espoir de créer un secteur de la pêche durable du point de vue social, écologique et commercial», conclut le cardinal Turkson.

Moctar FICOU / VivAfrik

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