Sénégal : Saint-Louis menacée de disparition à cause de l’érosion Côtière

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Les populations de Saint Louis demandent de l’aide pour sauver leur ville coloniale. La ville est menacée de disparition par l’érosion côtière et l’avancée des eaux de la mer. Le constat reste unanime: la saison des pluies augmente le niveau d’eau de la mer.

Plus précisément, la zone communément appelée « la grande côte » au Sénégal qui part du littoral de Saint-Louis à Dakar, est connue pour sa grande fragilité du fait de son écosystème endommagé par l’avancé de la mer. Conséquence de l’action de l’homme mais aussi et surtout du changement climatique qui occasionne la montée du niveau des eaux. La ville de Saint-Louis, ville tricentenaire placée au Patrimoine mondiale de l’UNESCO, reste l’une des villes les plus touchées par ce fléau. Elle est plus que jamais menacée de disparition.

Dans certains quartiers comme Pikine et Guet Ndar, les maisons sont dans les eaux. Conséquence de l’érosion côtière qui gagne les espaces qui servaient d’habitat. Les populations demandent à l’Etat de leur venir en aide avant que cette ville ne disparaisse sous les eaux.

En effet, frappée régulièrement par des houles violentes venues de l’océan Atlantique, les habitants de la ville assistent impuissants à la destruction de leurs maisons et de leurs biens. Selon le site d’informations de la ville, Ndarinfo.com, la mer avance à un rythme de 1 à 1,33 m chaque année dans le pays. De plus, ces populations de pécheurs qui depuis toujours vivaient au bord de la mère, sont aujourd’hui désemparées et complétement dépassées par la situation. Elles seront souvent déplacées dans des camps temporaires par les autorités municipales en attendant de trouver une solution.

Un espoir oui mais de courte durée

Cependant, grâce à la coopération entre l’Etat du Sénégal et celui de la France, les habitants de la vielle ville ont eu un regain d’espoir depuis la fin de l’année 2017. Cette coopération bilatérale, qui a vu la visite du Président Français Emmanuel Macron dans la ville de Saint-Louis en février 2018, a pour objet le financement de la construction d’une digue de protection sur 3,5 km le long du littoral avec un budget de 15 millions d’euros.

Toutefois, cette solution n’est guère définitive, elle n’est que temporaire. Qualifiée de solution d’urgence par les autorités elles-mêmes, elle ne sera en effet, qu’un court répit avant que retentissent encore le bruit assourdissant des vagues sur les murs des maisons, troublant ainsi encore le sommeil désormais agité des habitants de la ville nommée jadis, Venise d’Afrique.

A quand donc une solution durable face à la houle et à la brèche à Saint-Louis ?

Les grands maux nécessitant toujours les grands remèdes, il urge d’ores et déjà de ne point se limiter aux mesures bouche-trous et de matérialiser les solutions proposés par des scientifiques et géographes de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Beaucoup d’études ont été faites dans ce sens et il suffirait d’une volonté sincère de la part des autorités pour que le problème soit résolu de manière définitive. Autrement, comme l’a dit l’ancien maire Cheikh Bamba Dieye : c’est par des centaines qu’on devra un jour ramassera les victimes de ces houles successives si rien n’est fait.

Moctar FICOU / VivAfrik

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