[Enquête] : Afan-Mabé, concentré culturel camerounais

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RSans plan de lotissement, avec des constructions sur le cimetière, les terres sont convoitées par les étrangers qui ont pris d’assaut ce repère pour en faire un bidonville.

Afan-Mabé est reconnu aussi comme étant l’un des coins les plus chauds de Kribi. La nuit tombée, les belles de nuit s’y déversent. Difficile de se faufiler dans les ruelles du quartier car les routes, c’est ce qui fait le plus défaut ici. Les constructions anarchiques ont réduit, sinon supprimé les voies d’accès. Aussi, la présence d’un étranger est-elle rapidement repérée et suscite la curiosité. Celui-ci est suspecté d’être un envoyé de M. Mana, le propriétaire d’un terrain bâti d’une superficie d’un peu plus de 22 ha hérité de Pierre Bokally, propriétaire initial. Le commerce constitue la principale activité des habitants de ce quartier à forte coloration étrangère. Les communautés Bamileké et Bamoun y sont les plus fortes. Aucun espace n’est vide. Les habitations sont construites jusque sur ce qui était considéré comme le cimetière de l’administration coloniale, et dont les tombes sont encore visibles à certains endroits.

Afan-Mabé, ce sont aussi les 22 ha de terrain appartenant à Emmanuel Mana Saguiga. En conflit ouvert avec bon nombre de riverains, le pasteur somme les occupants illégaux installés sur son terrain de régulariser leur situation en achetant, par devant notaire, les espaces qu’ils occupent.

Les résidents de ce quartier sont alors réguliers dans les salles d’audience du TPI de Kribi pour des cas de litiges fonciers.

Si le conflit n’est pas prêt de trouver une solution demain, le vent de la rénovation souffle sur le quartier via un projet Onu-Habitat. Si la nouvelle a été bien accueillie par certaines populations, elle laisse perplexes d’autres en raison de la démolition probable des maisons. Le projet est mené conjointement par les services de l’Urbanisme, de la Communauté urbaine de Kribi et l’entreprise en charge de le réaliser. Plusieurs réunions se sont déjà tenues à cet effet. Si les maquettes du plan d’aménagement sont sorties, personne ne sait quand les travaux vont débuter. Toujours est-il que malgré les litiges fonciers rencontrés ici, tout est mis en œuvre pour rendre le quartier Afan-Mabé un lieu où il fait bon vivre.

Enquête menée par Bernard Bangda / VivAfrik

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