Somalie : plus d’un 1,5 million de personnes encore confrontées à une grave crise alimentaire

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Un nouveau rapport établi sous l’égide des Nations Unies et publié dimanche 3 février 2019 à Mogadiscio a précisé que plus d’un 1,5 million de Somaliens sont toujours confrontés à une grave insécurité alimentaire jusqu’en juin à cause des précipitations inférieures à la moyenne enregistrées pendant la saison des pluies (Deyr).             

Rappelons qu’en 2016, la sécheresse a frappé une grande partie de l’Afrique de l’Est et en particulier la Somalie. Les récoltes sont mauvaises, en baisse de 75% pour le maïs et le sorgho, les agriculteurs n’ont pas suffisamment de semences pour 2017, une situation qui s’est prolongée jusqu’en 2018. Les troupeaux sont faméliques et les prix des céréales ont bondi. A titre d’exemple, à Mogadiscio, le prix du maïs a augmenté de 23% rien qu’en janvier 2017. Il a doublé dans certaines villes du centre et du sud de la Somalie.

D’après l’évaluation saisonnière post-Deyr réalisée par l’Unité d’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition pour la Somalie, gérée par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, et le Réseau de systèmes d’alerte précoce à la famine, environ 903 100 enfants de moins de cinq ans risquent de souffrir de malnutrition aiguë en 2019. En Somalie, les saisons se divisent en quatre périodes, le Xagaa de juillet à septembre, le Deyr d’octobre à décembre, le Jilal de décembre à mars et le Gu de fin mars à juin.

« Les pluies du Deyr ont commencé tardivement et ont été nettement inférieures à la moyenne dans la plus grande partie du pays, de vastes régions du centre et certaines régions du nord de la Somalie n’ayant reçu qu’entre 25% et 50% des précipitations moyennes. Aucune inondation subite ni crue de rivière n’a été signalée », précise le rapport.

Selon le document rédigé avec le soutien de l’ONU, une aide humanitaire soutenue et à grande échelle a permis d’éviter des conséquences plus graves encore en matière de sécurité alimentaire dans de nombreuses régions depuis janvier. Le rapport signale toutefois que les précipitations moyennes de la période du Gu et des conditions de marché généralement favorables devraient atténuer les conséquences d’une détérioration plus grave de la sécurité alimentaire jusqu’à la mi-2019.

Les prévisions de pluies sont mauvaises pour cette année. Ce qui fait courir au pays un véritable risque de famine à grande échelle.

Moctar FICOU / VivAfrik

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