La nouvelle offensive du fonio dans les assiettes

0

Le fonio, de son nom scientifique Digitaria exilis, est une céréale, à grains minuscules, considérée comme la plus ancienne d’Afrique de l’Ouest. Dans une région s’étendant du Sénégal au lac Tchad, le fonio constitue la nourriture de base de plusieurs millions de personnes.

Longtemps considéré comme une céréale des pauvres, le fonio est aujourd’hui en train de reconquérir les assiettes, si l’on se fie à un reportage de Seydina Alioune Djigo, reporter pour « La Vie », le magazine santé et bien-être de la BBC, sur les qualités nutritives, la composition et d’autres aspects de cette céréale.

C’est une céréale cultivée depuis des milliers d’années dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest : Mali, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Nigeria, Sénégal, Guinée, Bénin, Gambie, Niger et en Guinée-Bissau. Le fonio peut pousser sur des sols pauvres, et sa culture ne nécessite pas beaucoup d’eau.

Très digeste, il est recommandé aux enfants, aux personnes âgées et aux personnes en surpoids. Considéré comme un excellent complément alimentaire, le fonio est apprécié aussi pour son goût. Le fonio est considéré comme un « super food », un super-aliment capable de guérir certaines maladies.

Mais le docteur Djibril Traoré, nutritionniste et chercheur à l’Institut de technologie alimentaire de Dakar, préfère nuancer le concept de « super food ». « Le fonio peut aider dans le traitement d’une maladie comme le diabète, de même que dans le traitement des douleurs articulaires en réduisant les inflammations », explique-t-il.

La composition du fonio est globalement identique à celle du riz, du sorgho, du mil, du maïs et du blé en termes de glucides, de protides et de lipides. Ses composants font du fonio un excellent complément alimentaire, comme les légumes. Il est également apprécié pour son bon goût.

« Aujourd’hui, on ne sait pas d’où viennent les produits que nous mangeons. Pourtant, ces produits peuvent être nocifs », se désole Pierre Thiam, chef cuisinier à Brooklyn, aux Etats-Unis.

M. Thiam est considéré comme l’ambassadeur du fonio en Occident. Il le trouve plus savoureux que les autres céréales. Il n’hésite pas à vanter les qualités de cette céréale hors d’Afrique, et il encourage également sa consommation dans le continent africain où, paradoxalement, le fonio semble négligé. Le fonio peut être consommé sous forme de couscous ou de bouillie. La composition du fonio est identique à celle du riz, du sorgho et d’autres céréales, en termes de glucides, de protides et de lipides.

Le fonio pour combattre la faim

Au Sénégal, la production de fonio a connu une hausse. Toutefois, en matière de consommation, il se heurte au riz, la céréale phare du pays. Le fonio est encore méconnu de certains Sénégalais. « Pour inverser la tendance, il faut beaucoup produire. Il faut créer de la valeur ajoutée dans tous les maillons de la production de cette céréale de vie », propose Cheikh Guèye, coordinateur du Réseau des acteurs de la filière fonio (RAFF) au Sénégal.

Le fonio est plus riche en soufre que les autres grains en acides aminés soufrés. Dans un passé récent, décortiquer le fonio était une tâche laborieuse. Il fallait une heure pour en décortiquer un kilogramme. Aujourd’hui, grâce à une machine spécialement conçue le décorticage de cette céréale, des tonnes de fonio peuvent être décortiquées dans la même durée.

La machine permet également de concasser les grains, ce qui a permis d’augmenter la capacité de production de fonio qui, en 2018, au Sénégal, a connu une augmentation de 7 % par rapport à l’année précédente, s’élevant à 4.024 tonnes. La production a augmenté de 66 % les cinq dernières années.

Néanmoins, le fonio reste très loin derrière le riz dont la production a dépassé le million de tonnes, l’année dernière. Les cultures de fonio ont une excellente capacité d’adaptation aux climats difficiles.

La « céréale petits grains » est notamment cultivée dans deux régions du pays : Kolda (sud) et Tambacounda (est). Les pays de la région, où il est cultivé, sont confrontés aux difficultés engendrées par le changement climatique.

Moctar FICOU / VivAfrik            

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here