L’Afrique à la quête de stratégies pour bâtir des villes innovantes

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Pour les 65,6 millions de personnes déplacées de force dans le monde, arriver dans une ville qui les accueille permet de reprendre des forces et de retrouver sa dignité. Aujourd’hui, plus de 4 milliards de personnes dans le monde (soit plus de la moitié de la population mondiale) vivent en ville.

Sous cet angle, la planification urbaine devient une exigence impérieuse de notre époque. Les rapports l’annoncent ; deux tiers de la population mondiale vivront dans les zones urbaines d’ici à 2050. Ces zones urbaines représentent 70% des émissions de gaz à effet de serre et propulsent la planète vers un climat inconnu.                  

Le défi est donc clair et urgent. Il faut réinventer les villes de demain pour qu’elles deviennent des villes compactes à la structure stratégique, dotées de quartiers et de bâtiments polyvalents et mettant l’accent sur des systèmes urbains intégrés. Bâtir des villes avec des toits et des murs verts, des corridors de biodiversité, des systèmes énergétiques décentralisés, complémentaires des réseaux et alimentés par des énergies renouvelables, ainsi qu’une meilleure utilisation des capacités inutilisées grâce à une économie de partage.

Dans un rapport publié en 2018, le groupe international d’experts sur les ressources a déclaré que les villes doivent devenir sobres en carbone, économes en ressource et socialement justes. Il est aussi dit dans ce document que la demande urbaine en ressources pourrait augmenter de 125% d’ici à 2050 et que, par exemple, rien qu’en Asie, au moins deux cents nouvelles villes seraient construites au cours des trente prochaines années.

D’après l’un des objectifs pour le développement durable pour lequel se sont déjà engagées plusieurs villes, d’ici à 2030, tout en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre de manière significative, les Etats doivent veiller à ce que tous les nouveaux bâtiments construits puissent atteindre le niveau zéro carbone, afin de répondre à cette norme à l’horizon 2050. La valeur zéro carbone signifie que la quantité totale d’énergie utilisée chaque année équivaut à l’énergie renouvelable créée sur le site et exige la réduction de l’intensité énergétique des bâtiments comme condition préalable.

La réduction des émissions générées par les automobiles est aussi un élément majeur dans la diminution de la pollution en zone urbaine. Pour cela, l’amélioration des réseaux de transport en commun est essentielle. La gestion des déchets constitue également un défi majeur pour les cités urbaines, mais l’innovation est aussi en marche dans ce secteur. Il est reconnu que les pays en développement ne sont souvent pas assez équipés pour suivre le rythme de l’urbanisation. Dans ces pays, le problème majeur qui se pose le plus souvent est celui du manque de données et de la capacité d’analyse. Les autorités ont besoin de soutien pour concevoir et mettre en œuvre une planification durable ainsi que des politiques intersectorielles.

Les solutions novatrices pour relever les défis environnementaux et urbains de nos villes seront au cœur de la quatrième assemblée des Nations unies pour l’environnement qui se tient dans quelques jours à Nairobi, au Kenya. La devise de cette réunion est : « Penser au-delà des schémas dominants et de vivre selon des limites durables ».

Moctar FICOU / VivAfrik            

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