8 mars-pêche : le travail ardu des femmes ivoiriennes mis en exergue

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Les femmes du marché au poisson y jouent un rôle crucial. Leur travail leur permet de subvenir aux besoins de leur famille. Focus sur le règne de celles-ci sur le marché du traitement du poisson en Côte d’Ivoire, du mareyage à la commercialisation à l’occasion de la Journée internationale de défense des droits de la Femme. 

En d’autres termes, elles sont présentes à toutes les étapes de la chaîne de valeur des activités post-capture, c’est à dire le mareyage, le traitement du poisson, la transformation et la commercialisation des produits de pêche, elles contribuent de manière essentielle à la réduction des pertes post- capture des ressources halieutiques.

Les métiers liés aux poissons sont pénibles et ont mauvaise réputation mais ils permettent à de nombreuses femmes d’acquérir une autonomie financière, notamment en Côte d’Ivoire. Ces femmes sont présentes à toutes les étapes après la pêche du poisson, elles contribuent de manière essentielle à ce que les pertes soient réduites. Mais dans les médias du pays, le travail des femmes est souvent présenté comme un fardeau pour celles-ci.

Malgré la place centrale qu’elles occupent dans l’économie des ménages et dans la cohésion sociale, les femmes font souvent face à des difficultés dans leurs activités qui les empêchent de réaliser leur plein potentiel d’agent de développement.

Fierté et autonomie

Cette image est pourtant loin de la réalité, comme le confient Jeannette, mareyeuse au marché d’Abobo, déclare : « Je ne me plains pas de la manière dont je travaille, ce que je fais me rends fière. Je ne me soucie pas de ceux qui se croient au-dessus de moi. Tout ce qui m’importe, c’est que ce métier que j’aime me permette de me prendre en charge et d’obtenir ce que je souhaite. Grâce à ce commerce, j’ai pu scolariser mes enfants. Ma famille est fière de moi. »

Martine, fumeuse au marché de Yopougon Santé, se rappelle la perte de son mari, un élément déclencheur: « Ça a été un événement triste pour moi et mes enfants, mais ça m’a rendu autonome car j’ai dû m’occuper seule de mes trois enfants. Mon travail de fumeuse m’a même permis d’envoyer les enfants à l’école. »

Des problèmes de santé entraînés par l’absorption de fumées nocives à l’inflation des prix du poisson: les défis auxquels ces femmes sont confrontées sont réels. Pourtant, un récent projet d’interviews mené conjointement par la Friedrich Ebert Stiftung et l’USCOFEP revisite ces idées reçue et révèle une toute autre image, celle de femmes combatives et fières d’un métier grâce auquel elles s’autonomisent et peuvent subvenir aux besoins de leur famille.

En termes clairs, un récent projet de reportages photos conduit par l’Union des sociétés coopératives des femmes de la pêche et assimilées de Côte d’Ivoire donne une autre vision de la situation. Grâce à leur travail de fumeuses de poisson ou de détaillantes, les femmes deviennent autonomes et peuvent subvenir aux besoins de leurs enfants et de leur famille.

Soutien de la Fondation allemande Friedrich Ebert

« Notre partenariat a montré qu’elles sont fières de leur métier. Elles ne sont pas seulement victimes mais elles assument leur travail. C’est elles qui financent les pêcheurs, les hommes. Elles sont les plus importantes dans le domaine de la pêche qui nourrit une grande majorité des Ivoiriens », s’est félicité Thilo Schöne, directeur de la Friedrich Ebert Stiftung, qui soutient le travail de ces femmes depuis un an.

À l’occasion de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, cette initiative montre qu’encourager l’activité économique des femmes en Afrique leur permet de devenir des acteurs à part entière du développement.

Moctar FICOU / VivAfrik                     

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