Le transfert, une solution au problème de la qualité de l’eau au Sénégal

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Le Chef de la division planification et système d’information de la direction de la gestion de la planification des ressources en eau du ministère de l’Eau et de l’Assainissement, Moctar Sall a soutenu, jeudi 23 mai 2019 le transfert est une solution efficace au problème de la qualité de l’eau dans plusieurs zones qui souffrent de problème de qualité notamment au niveau de Touba.

M. Sall s’exprimait lors d’un atelier de partage du Plan de gestion des ressources en eau de la sous-unité de gestion et de planification du Car Car qui a pour objectif de présenter le plan de gestion des ressources en eau et la sous-UGP du Car-Car.

« C’est un plan qui a été élaboré de manière participative avec l’ensemble des acteurs. On a eu d’abord à faire un bilan diagnostic, essayé d’évaluer la quantité de la ressource en eau disponible et de regarder tous les problèmes qui sont liés à l’utilisation de cette ressource en eau. Ensuite, on a fait l’inventaire des usages (agricole, élevage etc.) au niveau de la zone. Il s’est trouvé qu’effectivement, il y a assez de ressource en eau mais le problème qui se pose est celui de la qualité. On a vu qu’il y a beaucoup de zones qui souffrent de problème de qualité notamment au niveau de Touba », a regretté, dans un communiqué parvenu à VivAfrik Moctar Sall qui rappelle que la Direction de la gestion et de la planification des ressources en eau (DGPRE) s’était déjà rendu dans cette localité pour présenter le projet lors du démarrage de l’étude aux différents acteurs.

Poursuivant son inventaire dans le texte, il précise que ce plan est venu proposer des solutions visant à faire au problème de la qualité de l’eau.  « Nous savons tous qu’on a des problèmes de qualité dû à la salinisation de la ressource en eau parce que la zone se trouve dans la bande centrale salée. La DGPR avait fait une étude qui montre qu’au nord du Sénégal jusqu’au sud, il y a une bande où l’eau est très salée. Les populations qui sont dans cette zone sont confrontées à ce problème de qualité donc le plan est venu proposer des solutions ».

De l’avis du Chef de la division planification et système d’information de la direction de la gestion de la planification des ressources en eau du ministère de l’Eau et de l’Assainissement, ce plan de gestion est un outil d’abord de planification. L’objectif c’est de préserver la ressource en eau tout en garantissant les activités économiques des uns et des autres. Souvent il y a des intérêts qui sont divergents par rapport à l’utilisation de la ressource en eau et le plan de gestion est venu proposer des solutions.                

Evoquant la situation pénible que traverse KM3, le document indique que « le problème du problème KM3, l’état a voulu donner de l’eau aux populations de Dakar donc cette étude est déjà faite et l’idée c’est de transférer l’eau du lac de Guiers à Dakar. Pour cette préoccupation, la question sera remontée au plus niveau des autorités et on va réfléchir pour voir comment régler les problèmes de ces populations ».  

Pour les autres populations, l’état du Sénégal a mis en place beaucoup de moyens les besoins en eau de toutes ces populations, avec la réforme, il y a aussi l’Office des forages ruraux (OFOR) et les opérateurs privés qui seront bientôt mise en place. L’état est en train de mettre en place beaucoup de moyens pour résoudre le problème de toutes ces populations qui se sentent lésées par le projet KM3 dont les tuyaux traversent leur localité, a-t-il détaillé dans le communiqué.

« C’est vrai on ne peut résoudre tout d’un seul coup mais l’état est en train de faire des efforts. Dans certaines zones, on fait du transfert pour régler le problème de qualité d’eau. Au niveau du bassin arachidier, il y a beaucoup d’efforts qui sont entrepris comme le Notto-Diosmone-Palmarin (NDP) qui est en train de résoudre pas mal de problème, avec la Sones, on est en train de chercher des financements pour renforcer l’alimentation en eau potable des populations ».

Selon le communiqué qui cite Moctar Sall, le processus d’élaboration du code de l’eau ‘’est déjà terminé’’. « Pour le code de l’eau, le processus est déjà terminé, on a passé toutes les étapes, il ne reste plus que celle de l’assemblée nationale. Le code de l’eau vraiment qu’il est respecté, son objectif ultime c’est la préservation de la ressource en eau. Quand la ressource en eau est préservée, toutes les activités économiques sont aussi préservées. S’il n’y a pas d’eau, il n’y a plus d’activité économique. L’objectif  du code de l’eau c’est de faire respecter la loi », lit-on dans le texte.

« Dans notre plan, il est prévu d’aller vers les populations locales, les acteurs locaux et présenter ces outils de planification, les sensibiliser sur l’importance de l’outil, de le mettre en œuvre mais aussi d’assurer le suivi », a dit M. Sall dans le texte.  

« On était là dans le but de restituer les résultats d’une étude qui a duré 12 mois concernant l’élaboration d’un plan de gestion des eaux de la sous UGP Car Car qui englobe une partie du département de Louga, de Tivaoune, de Thiès, de Diourbel et de Bambey », a d’emblée rappelé Antoine Diockel Thiaw, Ingénieur génie civil et consultant à Idev dans la même source.

« Globalement, les résultats obtenus par rapport à l’élaboration du PGE, c’est d’abord un constat sur le diagnostic : quel est l’état de la connaissance de ressources en eaux. Aujourd’hui dans la sous UGP Car Car, le premier constat c’est que la quantité d’eau est là mais ce qui manque le plus c’est la qualité de l’eau », a-t-il confirmé en substance les dires de Moctar Sall.

Poursuivant son speech, il soutient, selon le communiqué que « c’est ça la grande problématique de l’approvisionnement en eau pour les différents usages. Il faut améliorer la qualité de l’eau. Et pour une amélioration de la qualité de l’eau, les solutions envisagées, essentiellement, sont prospectées des zones à eau douce qui sont proches ou loin de la sous UGP et faire des captages et transferts d’eau sur de longue distance qui peuvent coûter relativement cher mais qui n’ont pas d’autres alternatives. Parce qu’on est dans un pays où il ne pleut pas beaucoup. On aurait pu faire ça s’il pleuvait beaucoup. Réaliser des barrages sur place mais comme cela n’est pas possible, surtout dans cette aride de Car Car, les solutions envisagées ce sont les transferts d’eau sur des distances plus ou moins longues ».

Parlant du problème du fleuve Sénégal il laisse entendre que « cela est lié un peu à la solution de transfert d’eau qui peut se faire à partir de la source d’eau souterraine. Il y a des zones de captage possible qui ont été identifiées à l’Est de la sous UGP Car Car, mais en ce qui concerne les eaux de surface. On peut effectivement faire des transferts d’eau douce à partir du fleuve Sénégal mais via le Lac de Guer qui permettrait effectivement de régler le problème de l’approvisionnement en eau pour tous les usages (AEP, eau potable, élevage, agriculture et industrie) ».

« Quand je dis le Lac de Guer, son bout c’est Keur Momar Sarr. Quelqu’un qui veut prélever de l’eau à parti du lac, dès qu’il arrive à Keur Momar Sarr, il est dans le lac. C’est à partir de Keur Momar Sarr qu’on peut tirer de l’eau douce brute vers ces centres de consommation où l’eau souterraine est de mauvaise qualité. Mais  une condition également : le transfert de cette eau douce, d’eau de surface n’est pas propre immédiatement à la consommation. Il faut faire un traitement comme cela se fait avec la Sones dans le cadre de Kms3, Kms2 et de l’usine de Gnithe », a conclu Antoine Diockel Thiaw.

Moctar FICOU / VivAfrik