FIDA : « Le projet agri-jeune va participer à la création d’emplois durables » au Sénégal

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« L’importance du hub Afrique de l’ouest du Fonds international de développement agricole (FIDA) des Nations vise à faciliter l’accès à l’ensemble des coordonnateurs des projets du FIDA de pouvoir directement collaborer mais aussi échanger avec les parties prenantes surtout les partenaires privilégiés. Le fait que le nouveau bureau du FIDA soit implanté à Dakar est une chance pour nous parce qu’il facilite l’accès directement des partenaires vis-à-vis de leurs partenaires techniques et le FIDA est à la fois partenaire technique et financier », indique d’emblée Samba Ndiobène Ka, ministre Sénégalais de l’Elevage et des Productions animales.  

M. Ka s’exprimait ce mardi 25 juin 2019 lors de la cérémonie officielle d’inauguration du nouveau bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest du FIDA. Celui-ci est basé à Dakar notamment aux Almadies. Cette cérémonie a enregistré la présence de plusieurs personnalités du Sénégal, les représentants des partenaires techniques et financiers et des responsables du FIDA.

Poursuivant son allocution, Samba Ndiobène Ka ajoute : « le FIDA a mis en place depuis très longtemps beaucoup de projets. Au-delà de ces projets, il faut noter un projet très important qui entre dans le cadre de la création d’emplois. Il s’agit du projet agri-jeune qui va participer à l’employabilité mais aussi à la création d’emplois durables bénéfiques pour la jeunesse sénégalaise ».

Le ministre qui bat en brèche l’idée selon laquelle l’insécurité alimentaire est aux portes du Sénégal, soutient que « l’Etat du Sénégal est en train de mettre en place des actions allant dans le sens de l’amélioration de la sécurité alimentaire dans notre pays. Nous savons quand même que le Sénégal importe beaucoup de denrées alimentaires, que ce soit des denrées agricoles ou des denrées issus des productions animales. Par rapport à ça, nous sommes en train de mettre en place beaucoup de programmes et projets allant dans le sens surtout de la lutte contre l’insécurité alimentaire ».

A travers ce nouveau bureau, le FIDA compte se rapprocher « davantage de ses pays membres et de ces bénéficiaires », dans le cadre de sa stratégie de décentralisation. Le nouveau bureau du FIDA va ainsi couvrir 7 pays de la sous-région, à savoir le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée Bissau, la Guinée Conakry, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal.                       

Cette politique de décentralisation est confirmée par Benoit Thiéry, le représentant du FIDA pour la sous-région Afrique de l’ouest. « Depuis 2013, il y a avait déjà un petit bureau qui couvrait 3 voire 4 pays. Avec la politique de décentralisation du nouveau président, il a été décidé d’étendre ce bureau à 7 pays », indique-t-il.

S’exprimant sur la collaboration entre le FIDA et les producteurs locaux, il laisse entendre : « Cette collaboration se joue en trois aspects : le FIDA a été longtemps une institution basée à Rome, en Italie et en a observé depuis une dizaine d’années à travers différents pilotes qu’il était bien meilleurs d’être sur le terrain, près des gouvernements, près des bénéficiaires, en un mot près des petits agriculteurs. C’est la première chose. La deuxième chose, c’est que nous croyons beaucoup que maintenant les pôles de décision sont locaux et qu’il faut donc décider localement y compris dans les pays de la sous-région et le troisième aspect, c’est l’intégration sous régionale », précise-t-il.

A l’en croire, le FIDA compte 3 projets par pays pour un montant estimé à plus de 500 millions de dollars investis dans les 7 pays. Pour le moment, au Sénégal, il y a plus de 250 millions de dollars en cours sur lesquels vont se rajouter 100 millions de dollars. Les deux projets en cours sont le PAFA extension et le PADAER.

« Nous commençons au mois de juillet le PADAER 2 dans la zone est du pays. Nous avons également commencé un projet pour les jeunes : c’est le projet agri-preneurs. Pourquoi agri-preneur ? C’est cette vision plus moderne de l’agriculture où les jeunes ne veulent plus faire comme faisaient leurs parents. Ils veulent une agriculture d’abord qui fait gagner de l’argent et ensuite faire bénéficier des conditions de vie moderne. Donc, c’est de l’entreprenariat agricole en quelque sorte. D’où le terme agri-preneur. C’est un projet que nous sommes en train de négocier avec le gouvernement et qui pourra démarrer dans quelques mois pour un montant de 50 millions de dollars », ajoute le responsable du FIDA.

« Pour les trois prochaines années, nous auront un doublement des ressources. C’est-à-dire qu’on doit pouvoir faire deux fois plus de projets dans la zone. Ce doublement va nous permettre de renforcer le programme dans tous les pays », conclut-il.       

Le directeur régional pour l’Afrique de l’ouest et centrale du FIDA, Lisandro Martin a rappelé que le partenariat du FIDA avec le Sénégal date de 1979. Avant d’ajouter qu’ils ont travaillé de concert pour l’accès des femmes aux terres, donc l’accès à la production agricole en égalité avec les hommes. Les deux parties ont également, selon lui, travaillé dans le secteur nutritionnel pour l’amélioration de la sécurité alimentaire et la nutrition des populations rurales.

La jeunesse est aussi au cœur des préoccupations du Sénégal et du FIDA. « Nous travaillons avec le gouvernement du Sénégal sur un projet de soutien de l’entreprenariat de jeunes », a dit M. Martin. Qui relève que le choix du Sénégal d’abriter le nouveau bureau du FIDA s’explique par le fait que notre pays est un point de connexion avec les autres pays de la région. Le Sénégal est aussi un partenaire qui a la possibilité de partager avec les autres pays des bonnes pratiques. Pour lui, le pays de la Téranga est naturellement un point de rencontre, de partage des connaissances et des bonnes pratiques avec les autres pays. Il est aussi caractérisé par sa stabilité ».   

Moctar FICOU / VivAfrik

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