Les stratégies pour renforcer la numérisation de l’agriculture africaine épiloguées au Rwanda

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Les ministres africains de l’Agriculture et les partenaires du développement ont entamé mardi une réunion à Kigali, capitale du Rwanda, afin de discuter des stratégies à succès pour renforcer la numérisation de l’agriculture africaine. Les participants, qui se rencontrent au Forum du panel Malabo Montpellier, vont échanger leurs points de vue à propos du niveau croissant de l’adoption des technologies mobiles en Afrique ces dernières années, ainsi que des limites et des priorités actuelles des pays africains pour leurs futures actions dans le domaine de l’agriculture. L’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le secteur agricole est d’une importance capitale, a déclaré le Premier ministre rwandais Edouard Ngirente à l’ouverture de la réunion. Il a ajouté que les TIC permettraient aux agriculteurs et aux autres parties prenantes du secteur agricole d’accéder à des informations précises et actualisées pour la prise de décisions dans ce domaine, a relayé le site d’information french.china.org.cn.

Les agriculteurs africains ont besoin de compétences et d’approches pertinentes pour augmenter leur production, moderniser les services d’extension agricole et mieux gérer les risques, selon M. Ngirente. Le secteur agricole africain représente environ 32% du produit intérieur brut (PIB) total du continent, a-t-il indiqué en citant des statistiques officielles. Le forum étudie les progrès réalisés au niveau des engagements pris dans le cadre de la Déclaration de Malabo, qui a été adoptée au cours de la 23e session de l’Assemblée de l’Union africaine en 2014 à Malabo, en Guinée-équatoriale. En vertu de cette déclaration, les pays africains se sont engagés à augmenter les investissements financiers dans l’agriculture, renforcer le commerce intra-africain pour les biens et services agricoles et mettre un terme à la faim en Afrique d’ici 2025, a poursuivi la même source.

La digitalisation de l’agriculture africaine n’est qu’à 6% de son potentiel

La « digitalisation pour l’agriculture » (D4Ag) actuellement en cours en Afrique ne représenterait qu’à peine 6% de son potentiel. Il ne s’agit, donc, que de « la partie émergée de l’iceberg », souligne le premier rapport du Centre technique pour l’agriculture et la coopération rurale ACP-UE (CTA) sur la digitalisation de l’agriculture africaine, publié le 22 juin 2019. Le chiffre d’affaires annuel du digital agricole en Afrique sub-saharienne -drones, capteurs sur le terrain, mégadonnées, apprentissage automatique, etc. serait de 127 millions d’euros, alors que son marché «exploitable» serait de 2,3 milliards d’euros, note le rapport disponible sur le site web du CTA. En 2019, 390 « solutions D4Ag » ont été recensées à travers le continent, ce qui peut paraître, a priori, faible mais considérable lorsqu’on note que 60% ont été lancés depuis trois ans seulement et 20% depuis 2018, a-t-on indiqué à ouestaf.com.

Femmes, agriculture et climat

Un projet pour les femmes dans l’agriculture sera lancé en septembre. Le prix de la « Femme africaine agricole de l’année » dont la première édition aura lieu en 2020. Aujourd’hui, l’Afrique détient jusqu’à 65 % des terres arables non cultivées du monde, mais ses parts sur le marché́ mondial des produits agricoles sont limitées à 2 % et, d’ici 2025, les importations pourraient atteindre 110 millions de dollars. La position des femmes dans l’économie agricole est d’autant plus importante qu’elles représentent souvent plus de la moitié de la main-d’œuvre agricole, mais elles n’ont pas d’accès équitable aux ressources productives. En Afrique subsaharienne, par exemple, 62 % des femmes de ce secteur ont une productivité́ nettement inférieure à celle des hommes, avec des écarts allant de 4 % à 25 % selon les pays et les cultures. Autre thématique abordée lors de ce sommet : les femmes actrices de la sauvegarde de l’environnement. Avec seulement 4% du total mondial des émissions de gaz à effet de serre, l’Afrique est néanmoins le continent qui paie le plus lourd tribut au dérèglement climatique. Les prévisions les plus pessimistes estiment que d’ici 2050, la production agricole pourrait y diminuer de 7 % à 49 %. En plus de menacer la sécurité́ alimentaire du continent, les aléas climatiques impactent directement les femmes. La raréfaction des ressources en eau les contraint à parcourir des distances plus longues, au détriment du temps qu’elles pourraient consacrer à des activités rémunératrices, a renseigné tv5monde.com.

Qui souligne qu’avec 27 % d’entrepreneures, l’Afrique détient le record du monde de l’entrepreneuriat féminin. Alors en quoi les femmes africaines engagent-elles le monde ? C’est la question qui sera posée à Marrakech, au Maroc les 28 et 29 juin 2019 lors du sommet « Women in Africa ».

Moctar FICOU / VivAfrik                                             

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