Adama Barrow accusé de perpétuer le trafic du bois en Casamance (Sénégal)

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Arrivé au pouvoir en janvier 2017, le président Gambien, Adama Barrow semble avoir fermé les yeux sur le trafic de ressources forestières en Casamance (sud du Sénégal). Les autorités sénégalaises espéraient, avec l’avènement au pouvoir de celui qui avait prêté serment dans l’enceinte de l’ambassade de la Gambie au Sénégal, une réduction du trafic de bois à la frontière gambienne, qui constitue un fleuron de la forêt sénégalaise mais, l’accalmie ne sera que de courte durée.

Le phénomène continue de plus belle. De l’avis de l’Union nationale des coopératives et exploitants forestiers du Sénégal (UNCEFS), les trafiquants continuent de sévir, en complicité avec les autorités gambiennes. L’UNCEFS qui a rencontré le ministre de l’Environnement et du développement durable, le 23 juillet 2019, a invité le gouvernement à mener des actions concrètes contre ce fléau. « Depuis 10 mois, nous vivons cette situation sous l’œil bienveillant du gouvernement gambien qui permet aux trafiquants ramenant du bois « venne » à partir du Sénégal, de pouvoir le scier et le transporter dans les containers», a accusé le Secrétaire général de l’UNCEFS, Mamadou Salif Mballo.

En réponse à cette accusation, le ministre de l’Environnement et du développement durable, Abdou Karim Sall a rétorqué en promettant qu’« on ne doit pas baser notre stratégie sur l’acceptation de l’exportation de bois par les Gambiens ». Abdou Karim Sall a en outre appelé à une riposte à partir du Sénégal pour éradiquer le trafic illicite du bois à la frontière gambienne.

Il faut relever que 60% des forêts sénégalaises se trouvent à la frontière avec la Gambie, c’est-à-dire de Ziguinchor à Sédhiou en passant par Kolda jusqu’à Tambacounda. Ces zones sont «assaillies de plus belle avec la complicité des nouvelles autorités gambiennes qui ont autorisé la réouverture de l’exportation de bois de « venne » à partir du Port de Banjul», dénonce M. Mballo. Selon lui, il « urge de stopper ce trafic parce que les populations autochtones aveuglées par l’argent, venant de la Gambie, contribuent davantage à cette exploitation du bois qui mérite d’être éradiquée ». « L’accalmie constatée après le départ de Yaya Jammeh n’a été que de courte durée », s’est désolé l’Union des coopératives des exploitants forestiers du Sénégal.

« Que la riposte s’organise à partir du Sénégal »

Pour stopper ce phénomène, il n’y a pas mille solutions, d’après le ministre de l’Environnement et du développement durable. « Je suis pour que la riposte s’organise à partir du territoire sénégalais. C’est cette riposte qui est pérenne. Si demain le Président gambien a des relations heurtées avec le Sénégal, qu’est-ce qu’on va faire ? On ne doit pas baser notre stratégie sur la compréhension, l’acceptation de l’exportation du bois par les autorités gambiennes. Il ne faut pas qu’on sous traite notre avenir, nos ressources», déclare Abdou Karim Sall.

Le ministre milite pour des stratégies viables avec des actions concertées parce que, dit-il, l’Etat seul ne peut pas régler cette affaire. «Si ce trafic a lieu, c’est parce qu’il y a une forte complicité de populations sénégalaises. Tant qu’elles n’auront pas conscience qu’elles sont en train de causer du tort à l’intérêt général, tout ce qu’on mettra comme dispositif ne sera pas pérenne. Le combat doit se faire sur le terrain et il faut que les acteurs le portent. Nous devons tous nous mobiliser en rapport avec les forces de défense et de sécurité pour combattre ces ennemis de la forêt», préconise M. Sall qui promet un renforcement des moyens et des effectifs des agents des eaux et forêts.     

Moctar FICOU / VivAfrik

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