Un manque d’« énergie propre et renouvelable constitue une menace directe pour nos forêts », se désole Félix Tshisekedi

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« Étant donné que plus de 90% de l’énergie consommée en RDC provient du bois, l’absence de progrès dans la desserte en énergie propre et renouvelable constitue une menace directe pour nos forêts ». C’est par ces mots que le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a alerté ses compatriotes sur la menace de disparition de la forêt congolaise, un « poumon vert » cruciale pour retarder le réchauffement climatique. Suffisant pour lui d’inviter les Congolais à accélérer l’exploitation de son immense potentiel hydro-électrique.

Le président élu de la République démocratique du Congo lors de l’élection présidentielle de décembre 2018 s’exprimait, mardi 21 août 2019, lors de l’ouverture du premier forum sur l’électricité à Matadi (ouest) sur les bords du puissant fleuve Congo et organisé par les acteurs du secteur.

« Au rythme actuel d’accroissement de la population et de nos besoins en énergie, nos forêts sont menacées de disparition à l’horizon 2100 », a-t-il ajouté. La forêt du bassin du fleuve Congo, l’une des plus vastes au monde après l’Amazonie, couvre les deux tiers du territoire de la RDC (1,5 million de km² sur 2,3 millions de km² au total).

Comme l’Amazonie, ce « poumon vert » est crucial dans le plafonnement du réchauffement à deux degrés par rapport à l’ère pré-industrielle, en absorbant et stockant les émissions de dioxyde de carbone. Les forêts du bassin du Congo sont menacées par l’exploitation illégale mais aussi par la production de charbon de bois (« makala »), principale ressource des habitants en milieu urbain faute d’électricité.

La RDC a en effet un taux d’électrification d’environ 8 % pour une population de 80 millions d’habitants. Le pays qui dispose d’un potentiel énergétique exploitable de 100 000 MW a actuellement une capacité installée de 2 500 MW environ, pour une production disponible de 1 000 MW.

« Aujourd’hui, on évalue le taux d’accès (à l’électricité) à 8%, ce qui confirme le recul », a glissé le président. Poursuivant son speech lors de l’ouverture du premier forum sur l’électricité, organisé par les acteurs du secteur, Félix Tshisekedi a appelé à lever le paradoxe de l’électricité. « Nous devons vaincre le paradoxe d’un pays au potentiel hydro-électrique parmi les cinq premiers au monde, mais qui se trouve dans le dernier rang dans le taux d’accès à l’électricité».  

Ce premier forum sur l’électricité a connu la participation des acteurs étatiques du secteur électrique, mais également celle de partenaires tels que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Union européenne, d’autres organismes internationaux ainsi que les membres de la société civile congolaise.

Fin 2018, les autorités avaient annoncé un « accord » pour confier à un consortium hispano-chinois le projet de méga-barrage hydro-électrique d’Inga 3 sur les rapides du fleuve Congo, l’un des plus puissants au monde. Ce projet tarde à aboutir et son impact sur l’environnement inquiète des habitants et des ONG.       

Moctar FICOU / VivAfrik

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