Expérimentation des techniques de conservation des eaux et des sols en zone arides

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Le Sommet international sur la désertification 2019 a été l’occasion pour ses participants d’échanger sur leurs expériences. Parmi elles, découvrez un zoom sur les résultats d’une étude comparant les performances hydriques des pratiques culturales au Burkina Faso menée par Cheick Oumar Zouré, jeune docteur de l’Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2IE) à Ouagadougou. Ces résultats doivent servir aux paysans des zones arides. Le Sahel est l’une des régions du monde les plus vulnérables à cause des perturbations climatiques et de la pression anthropique. Cela entraîne la dégradation des terres et affecte négativement les activités de production agricole de type pluviale, principale source de subsistance et d’économie des populations du Sahel. Depuis les années 1980, les paysans ont adopté des pratiques innovantes afin de faire face à ces défis majeurs et ainsi améliorer la production agricole. Si à ce jour, les avantages en termes de rendement agricole et de réhabilitation de terres dégradées ont pu être mis en évidence, l’impact de ces techniques sur les processus hydrologiques reste peu maîtrisé et non quantifié. Nous assistons aujourd’hui à une dégradation des sols du fait de l’action de l’homme, mais aussi du fait des aléas climatiques. Cela va de la mauvaise gestion des sols par les hommes à l’incapacité des sols à conserver les eaux et à les restituer aux plantes, en vue de leur croissance. On observe donc des précipitations qui sont très importantes avec de fortes intensités, entraînant les phénomènes d’érosion et la dégradation les sols. Etant donné que ces sols devenus pauvres ne peuvent plus accumuler de l’eau et la restituer par la suite à la plante, il fallait trouver des moyens de réhabiliter ces sols. D’où l’intérêt de ce thème pour le Dr. Cheick Oumar ZOURE. C’est d’autant plus un besoin scientifique puisque les performances hydrologiques des techniques étudiées dans cette thèse, n’avaient pas encore fait l’objet d’étude. Il fallait donc examiner cette performance qui selon le tout nouveau Docteur, aboutit au rendement agricole. Ce sont des techniques de conservation des eaux et des sols qui ont été expérimentées. Elles permettent d’améliorer les propriétés physiques, organiques et biologiques des sols. Ces techniques sont  le Zaï, le cordon pierreu et la demi-lune, renseigne mediaterre.org.

Le Zaï : une technique traditionnelle aux performances scientifiquement validées

Après trois années d’expérimentation, ces techniques ont présenté un fort rendement hydrique, et se sont montrées très performantes dans l’amélioration des rendements agricoles. Elles ont présenté une forte capacité de réduction des eaux de ruissellement, une modification des propriétés hydrauliques de surface du sol et une amélioration de l’humidité du sol dans la zone racinaire. Toutefois, certaines se sont avérées plus performantes dans le temps avec des limites. C’est le cas du Zaï qui, expérimenté sur les 3 ans s’est montré très efficace. Seulement, elle n’arrivait pas à faire face aux poches de sécheresse qui allaient au-delà de 3 semaines. Lorsque des projections climatiques sont faites, on se rend compte qu’à cause de la sévérité du climat (considérant le climat le plus défavorable), on s’est rendu compte que la saison se réduit et finit plus tôt que d’habitude : au mois d’août. Ce qui signifie qu’on ne dispose que de 2 mois, voire 1 mois et demi de saison pluvieuse. Pour chaque technique agricole, le stock d’eau est plus important : dans la demi-lune, ensuite dans le zaï, le cordon pierreux et enfin dans le sol témoin. Le cordon pierreux et le témoin deviennent inefficaces face à des poches de sècheresse de plus de 2 semaines, alors que les techniques de demi-lune et de zaï peuvent atténuer l’effet des poches de sécheresse de 3 semaines. Une poche de sécheresse correspond à des jours successifs sans pluie. Elle impacte grandement le rendement agricole, d’où l’importance d’adopter des techniques culturales résilientes face au changement climatique, poursuit le média en ligne.  

Conférence sur la désertification : la COP méconnue

Depuis le 2 septembre se tient à New Delhi la Conférence des Parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification. Malgré son faible écho dans les médias, les enjeux climatiques sont déterminants. C’est la moins connue des trois Conférences des Parties, plus souvent appelées par leur acronyme COP. Quelques semaines après un rapport alarmant du GIEC sur la dégradation des sols, la 14e COP sur la lutte contre la désertification se tient donc en ce moment dans la capitale économique indienne, New Delhi, depuis le 2 septembre et jusqu’au 13 septembre. Elle rassemble, selon les organisateurs, « près de 100 ministres et plus de 3 000 délégués de 196 pays ». C’est la dernière des trois COP, créée en même temps que les deux autres : la plus connue est consacrée au changement climatique et la seconde à la biodiversité. Toutes les trois ont été créées en 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro. Adoptée en 1994 et entrée en vigueur en 1996, la COP de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULD) a commencé à se réunir en 1997. Elle se tient désormais tous les deux ans depuis 2001. La couverture médiatique est plutôt faible par rapport aux COP sur le changement climatique. Le terme « désertification » peut sembler réducteur. Or, il désigne non pas l’expansion naturelle des déserts déjà existants mais plus globalement toutes les terres dégradées notamment par l’activité humaine. Selon le premier article de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, la désertification désigne « la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et sub-humides sèches par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et les activités humaines », lit-on à franceculture.fr.   

Moctar FICOU / VivAfrik

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