La World Cocoa Foundation organise une réunion sur le cacao à Berlin, en Allemagne

0

La capitale allemande, Berlin accueille du mercredi 23 au jeudi 24 octobre 2019 une énième réunion sur le cacao organisé par la World Cocoa Foundation sous le thème : « La durabilité de la filière cacao ».

Cette rencontre est marquée par la présence des représentants des deux premiers pays producteurs : la Côte d’Ivoire et le Ghana. Ces deux géants Africains du cacao ont menacé les industriels s’ils n’appliquaient pas le mécanisme de compensation adopté en juillet à destination des planteurs qui sont abattus et sont en colère.

A y voir de plus près, les producteurs sont des laissés pour comptes puisque n’ayant jamais été associés aux différentes rencontres des acteurs du cacao dans le monde. Selon la Banque mondiale, 55% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté.  

Les discussions entre les gouvernements et les industriels sur le Différentiel de Revenu Décent (DRD), ce mécanisme de compensation censé atténuer la baisse des cours du cacao pour les planteurs, les producteurs ivoiriens n’y comprennent pas grand-chose. Ceux du village de Zougoussou près de Bouaflé, dans le centre ouest de la Côte d’Ivoire, n’y croient même plus.

« Le problème c’est que, quelle que soit cette discussion, rien ne change sur le terrain, ici. Les gens nous font rêver. Ils nous font croire que ça va aller un jour et on est toujours dans la difficulté. Donc, vraiment, ça fait que ça nous décourage. Je me dis maintenant que c’est de la plaisanterie », estime Thierry Konan N’goran, délégué départemental du syndicat ANAPROCI.

Si, le Différentiel de Revenu Décent (DRD), un mécanisme qui permet d’ajouter jusqu’à 400 dollars au cours de la tonne de cacao quand celle-ci chute, les industriels sont toujours réticents au prix plancher arrêté par les deux pays gros producteurs du Cacao (60%).

Pour rappel, le prix du kilogramme du cacao pour la campagne de 2019-2020 est prix en Côte d’Ivoire à 825 FCFA et 925 FCFA au Ghana.

Des revenus en chute libre depuis dix ans, un coût de la vie qui explose, le changement climatique qu’ils subissent de plein fouet, les accusations sur l’exploitation d’enfants ou sur la déforestation… Chez les planteurs la colère gronde et l’abattement domine.

La réunion de Berlin ne devrait donc pas encore arrangé les choses pour les producteurs selon les experts de la cacaoculture, parce que selon eux, les industriels font face à une forte pression des consommateurs et des ONG sur des questions telles que la déforestation ou le travail des enfants. Les industriels investissent dans des programmes de certification pour assurer leurs clients qu’il n’y a ni exploitation d’enfants ni destruction de forêt dans leur chaîne de production.

Moctar FICOU / VivAfrik           

Laisser un commentaire