Les éleveurs et agriculteurs de Mbour (Sénégal) contre le déclassement forêt de Balabougou

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Les éleveurs et agriculteurs du département de Mbour n’ont pas tardé à alerter et menacer l’État lundi 21 octobre 2019 suite à la volonté de Macky Sall de déclasser forêt de Balabougou. Rappelons que le Chef de l’Etat avait pris la décision de signer le projet de déclassement de cette forêt qui devrait être effective mardi 22 octobre dernier.

D’une superficie de 1216 hectares, la forêt va être cédée à des privés. Un tel acte a pour finalité la mort irréversible de l’élevage et de l’agriculture, dénoncent les acteurs.

Face à la presse, niveau de la forêt classée, ils ont protesté et mis en garde l’État. « Il faudra qu’ils nous tuent d’abord avant de s’installer », a prévenu Gallo Dia, président des Éleveurs de la commune de Malicounda.

« C’est Serigne Gueye Diop qui veut installer des étrangers. On dit qu’il est intransigeant dans ses projets. Cette fois-ci, il devra changer de fusil d’épaule. Au cas contraire, il passera d’abord sur nos cadavres avant d’installer qui que ce soit, dans cette zone », a encore tonné Gallo Dia.

Pour la sauvegarde de leur dignité, les éleveurs et les agriculteurs en détresse, disent être prêts à faire face à l’autorité. Et tous les moyens sont bons pour la défense de leurs intérêts. « Si 1216 hectares valent mieux que des milliers de vies humaines, nous sommes prêts à mourir. Des vies vont tomber ici », a assuré le président des éleveurs.

Pour sa part, Amadou Ka, président de la maison des éleveurs de la commune de Malicounda, la forêt est un régulateur social. « Cette forêt est un régulateur social. Grâce à cette forêt, les conflits entre éleveurs et agriculteurs sont évités. Il sert de refuge pour les familles. Et des milliers de familles vivent de ça. Nous interpellons le président de la République qui est le seul habilité à déclasser une forêt. Nous lui demandons de ne pas signer pour le déclassement. Ce qu’on lui raconte n’est pas la vérité. Je pense qu’il a été abusé. On lui demande solennellement au regard de ce que représente cette forêt pour les populations, de ne pas officialiser le déclassement de la forêt », a-t-il dit.  

Selon lui, sur les 1216 hectares, la mairie de Sandiara n’occupe même pas 15 hectares. « Nos terres sont pillées, dilapidées, violées par des projets cupides. On ne va pas accepter que notre cadre de vie soit ruiné », a pesté Amadou Ka.      

Aux dernières nouvelles, ce déclassement de la forêt classée de Balabougou a suscité une vive polémique entre les maires de Malicounda et de Sandiara. Après le communiqué de la mairie de Sandiara, c’est au tour de Malicounda de réagir. « Si le maire Serigne Gueye Diop a un projet d’agropol, il n’a qu’à l’implanter sur le périmètre communal de Sandiara », lit-on dans le communiqué signé par Mor Fassa Ndiaye, directeur de cabinet du maire de Malicounda. Selon le document, il n’y a jamais eu de réunion avec les autorités municipales de Malicounda sur le projet de déclassement de la forêt classée de Balabougou. Il assure qu’il s’agit d’une contre-vérité qui n’honore pas la municipalité de Sandiara, encore moins son maire.

Le responsable déplore le fait que c’est autour d’une table de réunion régionale sur l’évaluation des sols, tenue le 11 octobre 2019 à la gouvernance de Thiès, qu’ils ont été informés. « Les communes de Malicounda et de Nguéniène n’ont pas accepté d’être mises devant le fait accompli autour d’une réunion régionale, pour l’implantation d’un projet dont plus de 80% de l’emprise est installé sur leurs terres », lit-on dans le document. Lequel indique que la commune de Sandiara a déjà « une zone industrielle sujette à une forte pollution. Donc, elle doit penser à la création d’un poumon vert pour réduire les impacts environnementaux. Au lieu de demander le déclassement d’espaces verts à des fins agricoles ».

Selon Mor Fassa Ndiaye, le maire de Malicounda, ou tout autre responsable, n’a pas besoin de se mettre derrière les populations pour défendre les intérêts de la commune. « Ce sont les populations qui se sont levées de manière souveraine et spontanée pour contester ce forfait sur leur terroir. Mais, non pour prendre politiquement une position », écrit-il. Il invite l’édile de Sandiara à respecter et à considérer ses autres collègues maires en leur parlant de « façon responsable au lieu de les inviter par voie de presse à adhérer à ce projet dont l’objectif principal reste jusque-là méconnu ».

Moctar FICOU / VivAfrik

Avec seneweb.com                      

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