Les pays africains butent sur l’atteinte de l’Objectif N°2 des ODD, selon la FAO

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La Directrice Adjoint, alimentation et agriculture durable de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a révélé que sa structure n’est pas très satisfaite du progrès des pays africains vers l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD numéro « 2 relatif à l’élimination de la faim ». Mona Chaya s’exprimait lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier régional pour l’Afrique qui se déroule du 12 au 14 novembre 2019 à Dakar, la capitale sénégalaise au tour du thème : « Nouvelle approche pour l’intégration de l’alimentation et de l’agriculture durable dans le cadre de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable ».

Rappelons qu’en 2014, les Chefs d’Etats et de Gouvernements de l’Union africaine (UA) ont adopté la Déclaration de Malabo sur la croissance et la transformation accélérées de l’agriculture pour une prospérité partagée et de meilleurs moyens de subsistance. Suite à cette adoption, les Chefs d’Etats et de Gouvernements de l’Union africaine se sont engagées à éliminer la faim d’ici à 2025. En outre, les pays ont mis en œuvre la Déclaration de Malabo en l’intégrant à leur Plans nationaux d’investissement agricole tout en tenant compte des spécificités et des particularités nationales respectives.

Mais au bout de quelques années, le constat est inquiétant. La Directrice Adjoint, alimentation et agriculture durable de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture reconnait certes, qu’« il y a quelques progrès ». Néanmoins, elle laisse entendre que « nous ne sommes pas très satisfaits du progrès surtout vers l’objectif 2, relatif à l’élimination de la faim. Il y a encore beaucoup de choses à faire et vous allez voir avec nous le monitoring des ODD. Vous vous rendrez vous-même compte que sur l’objectif qui concerne la FAO (Ndlr : ODD N°2), il reste encore beaucoup à faire », s’est désolée Mme Chaya. A l’en croire, plusieurs facteurs expliquent cette contre-performance d’où le sens de la tenue de cet atelier qui se fixe pour objectif d’éclaircir les zones d’ombres de ce retard.

La bonne gestion de l’agriculture et des ressources naturelles joue, de l’avis de Mona Chaya, un rôle pivot dans la réalisation des ODD. Le développement des systèmes alimentaire constitue un indicateur de réussite clé et permettra de savoir si la plupart des Objectifs de développement durable sont atteints à savoir l’élimination de la faim, l’amélioration de la santé et du bien-être des populations, la promotion d’une production respectant les normes éthiques et d’une consommation plus responsable… Ceci implique une réorganisation vers une alimentation et une agriculture plus durables, conformément à l’ambition de la Déclaration de Malabo et aux ODD, offre un potentiel considérable pour revitaliser le paysage rural, générer une croissance inclusive pour les pays et susciter des changements positifs tout au long du Programme 2030.

De son côté, le Dr Robert Guei, représentant sous-régional et représentant de la FAO au Sénégal a rappelé que les pays africains s’étaient engagés à Maputo d’allouer 10 % de leur budget à l’agriculture. Là aussi, se désole M. Guei, « tous les pays ne sont pas à ce niveau. Deuxièmement, il y a la Déclaration de Malabo dont on parle aujourd’hui. Cette dernière demande aux pays africains d’augmenter l’investissement dans l’agriculture et de faire en sorte qu’on puisse régler le problème d’insécurité alimentaire sur le continent africain. Malheureusement, le constat est encore en deçà de l’espérance que nous avons que l’Afrique puisse résoudre son problème de faim et d’insécurité alimentaire », a-t-il regretté.  

Aux yeux du Dr Guei, plusieurs causes entravent le développement et la transformation de l’agriculture africaine notamment le manque de volonté politique de nos dirigeants, les effets néfastes du changement climatique qui affecte l’Afrique, les inondations, les sécheresses, le développement de nouvelles maladies, l’apparition de la chenille légionnaire qui détruit toutes les cultures au passage, les conflits qui sont la cause des migrations, des déplacements des populations etc.  

A la question de savoir si le Sénégal a réussi à allouer les 10% de son budget à l’agriculture, le Directeur du cabinet du ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération, Alioune Ndiaye, venu représenter le ministre de tutelle, Amadou Hott a fait dans le dilatoire et contourne la question. « Je ne peux pas vous dire le niveau de contribution du Sénégal sur les 10 % qui devront être alloués à l’agriculture. Ce que je peux vous dire, c’est qu’on a fait beaucoup d’investissement dans le domaine agricole. Ces investissements vont de l’aménagement des terres au nord et au sud, à la régénération des sols, la subvention des intrants agricoles, la modernisation de l’agriculture avec l’acquisition d’équipements adéquats. Ce sont autant d’investissements que l’Etats est en train de faire pour moderniser et développer l’agriculture dans notre pays », a-t-il soutenu.  

Moctar FICOU / VivAfrik

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