Journée nationale de l’élevage au Sénégal : Serigne Saliou Abdou Lahad Mbacké, un pionner de l’insémination artificielle

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Le Sénégal va célébrer ce 28 novembre 2019 la 6ème édition de la Journée nationale de l’élevage à Kaël, dans le département de Mbacké. Un des pionniers de l’insémination artificielle dans le Baol, Serigne Saliou Abdou Lahad Mbacké a été choisi pour représenter la région de Diourbel au concours de cette édition 2019.

Agé 63 ans, ce natif de la cité religieuse de Touba, a très tôt compris que l’insémination artificielle est une voie obligée pour le développement de l’élevage au Sénégal. Pour se capaciter dans ce domaine et s’inspirer des exemples les plus réussis, il a visité plusieurs pays à vocation pastorale, comme l’Afrique du Sud, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, la Norvège, le Danemark, la Hollande, etc. « Je suis un passionné de l’élevage. Cela fait plus de 40 ans que je suis dans ce domaine », a déclaré Serigne Saliou Abdou Lahad Mbacké, choisi par consensus pour représenter la région de Diourbel au concours de la Journée nationale de l’élevage.

 Il était le seul candidat du reste, sa réputation et sa renommée ayant fini de convaincre. De fait, depuis 1970, il a pris l’option de se lancer dans le secteur de l’élevage, dès qu’il a compris que les potentialités génétiques des espèces sénégalaises sont limitées en termes de production.

« C’est en 1977 que j’ai eu une vache dénommée +paskistanaise+ à 150 mille francs CFA et depuis, j’excelle » dans le domaine de l’insémination artificielle, a-t-il confié à l’APS.

Le premier à se lancer dans ce secteur dans sa région natale, Serigne Saliou Mbacké va demeurer à jamais un pionnier, par exemple dans l’importation de semences pour la vulgarisation des races exotiques au Sénégal. Il élève aussi bien des vaches que des moutons en les croisant. Son cheptel bovin par exemple compte plus de 450 têtes et est composé de plusieurs races, des guzerat (Inde), des montbéliardes (France), des Holstein, du nom d’une région allemande, des gir ou gyr (Inde), jersiaises (anglo-normande) ou des nélore (race brésilienne).

« Il m’arrive même d’importer des métis de Kolda et Ziguinchor. Cela fait 25 ans que je suis dans ce secteur concernant les bêtes métisses », souligne cet éleveur et guide religieux dont l’élevage est riche de 164 têtes de cette catégorie.

Serigne Saliou Abdou Lahad Mbacké, membre d’une association regroupant des promoteurs d’élevages de bêtes métisses, se prévaut d’une expérience de 30 ans dans le domaine de l’amélioration génétique.

La mini-laiterie dont il dispose est un véritable plus pour les activités de ce passionné d’élevage, qui cultive contre tout le souci des enjeux du développement de cette activité dans sa région.

Il a pour cela visité la plupart des pays réputés en matière d’élevage, pour apprendre et gagner en expérience. « Pour mon dernier voyage, j’étais en Afrique du Sud où j’ai acheté des autruches », a-t-il  renseigné.

Des ladoum et des touabir, races de mouton améliorées, ainsi que des croisés au nombre de 200 têtes, contribuent à donner une dimension presque industrielle à son élevage. Mais il a pris l’option de limiter sa production à 200 litres par jour pour éviter une mévente mais aussi laisser ses veaux téter le plus longtemps possible. Serigne Saliou Mbacké fait en même temps de la culture fourragère pour l’alimentation des animaux. Il a acquis une motofaucheuse pour davantage développer cette activité.

 Aussi sa production de fourrage est-elle estimée cette année à plus de 2500 bottes récoltées dans un champ de 10 hectares de niébé fourrager. Il faut aussi prendre en compte les fermes dont il dispose à Touba, Ndiouroul, Mbarane et à Boustane.

L’éleveur emploie près de 40 employés, des agents qu’il initie d’abord lui-même avant de contractualiser avec certains d’entre eux. « J’ai eu à former certains qui à leur tour font la même activité », fait savoir l’éleveur, inscrit dans une optique d’élargir sans cesse les perspectives de son activité.

Il a ainsi acquis une ferme de 100 hectares vers le campement Nguékhokh, dans le département de Mbour, pour y élever certains bœufs qui ne supportent pas la chaleur de Diourbel, région située dans la zone centrale du Sénégal. Le représentant de la région de Diourbel dispose également d’une unité de production de biogaz d’une capacité de 20 mètres cubes et d’une batteuse. Cet homme d’affaires a de nombreuse fois représenté le Sénégal dans des rencontres internationales dédiées à l’agriculture. De là tient-il sans doute sa prise de conscience des enjeux de ce domaine. « J’ai compris que l’agriculture et l’élevage vont de pair, l’un ne peut aller sans l’autre », a-t-il avancé.

Moctar FICOU / VivAfrik

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