Sommet mondial sur le genre : pour des politiques macroéconomiques favorables à l’autonomisation des femmes en Afrique

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Un panel consacré aux politiques macroéconomiques s’est tenu du mardi 26 au jeudi 27 novembre 2019 au Sommet mondial sur le genre, co-organisé par la Banque africaine de développement, le gouvernement du Rwanda et des partenaires de développement. L’objectif de la séance, modérée par Basil Jones, coordonnateur de politique et programme genre à la Banque, était d’évaluer la profondeur des politiques actuelles et d’interroger leur capacité à réaliser pleinement l’autonomisation des femmes. Mme Ngoné Diop, cheffe de l’unité Egalité de genre, autonomisation des femmes à la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies (CEA), et ancienne conseillère du gouvernement du Rwanda sur le genre, a d’abord insisté sur le cadre macroéconomique, qui permet de prendre en charge les contraintes et les besoins des femmes entrepreneures. L’une des contraintes majeures est l’accès aux financements : « comparé aux autres régions du monde, le fossé à combler s’élève à 40 milliards de dollars pour les femmes. Pour permettre aux femmes d’accéder aux capitaux, il faut reformuler le cadre. Mais il faut aussi revoir le cadre juridique et gérer la question de la protection sociale des femmes », a-t-elle expliqué. La contribution des femmes à la création de la richesse nationale compte pour plus de 36% au Burkina, Sénégal et dans la plupart des pays africains. La mise en œuvre de mécanismes de garantie peut leur permettre d’évoluer le long de la chaîne économique et générer des revenus. L’ambition d’une meilleure inclusion financière des femmes appelle des réformes du cadre macroéconomique, a expliqué lactuacho.com.

Promouvoir la participation des femmes en insistant sur l’accès à la santé

Pour Hannan Morsy, experte en macroéconomie et politiques publiques à la Banque africaine de développement, il s’agit de promouvoir la participation des femmes en insistant sur l’accès à la santé, en leur garantissant un minimum de protection et par une fiscalisation équitable, en faisant en sorte que le fardeau de la TVA ne soit pas plus lourd sur les femmes entrepreneures.L’expérience du Rwanda a été soulignée par Amina Rwakunda, économiste en chef au sein du gouvernement du Rwanda. « Les gouvernements ont la responsabilité de mettre en place des programmes et filets de protection sociale qui aident à assurer l’inclusion financière des femmes », a-t-elle expliqué. A cet effet, la mise en place d’une assurance communautaire a, par exemple, allégé leur fardeau financier et facilité leur autonomisation.Clara Mira, représentante résidente du FMI en Ouganda, a insisté sur la diversité et la mixité qui aide les pays à se développer de façon équilibrée parce que « selon les études, les résultats sont meilleurs et on crée environ 30% de plus de PIB par la participation des femmes ».Une inquiétude a été exprimée par rapport aux nouvelles technologies car certains emplois à la chaîne réalisés par les femmes seront menacés par l’utilisation de plus en plus grande des nouvelles technologies. L’amélioration de l’accès aux TIC et à Internet est une voie à explorer pour anticiper sur les défis de l’avenir, ajoute le même média.

Les pays africains pourraient gagner jusqu’à 316 milliards $ d’ici 2025 en réduisant les inégalités de genre (McKinsey)

En accélérant les progrès vers la parité, les pays africains pourraient gagner jusqu’à 316 milliards $. C’est ce qu’a indiqué le cabinet McKinsey, dans son rapport « The Power of Parity » sur les inégalités de genre en Afrique. D’après le rapport, les progrès en matière de réduction des inégalités ont globalement stagné sur le continent ces dernières années, malgré les efforts réalisés dans de nombreux pays. Cette situation crée un manque à gagner énorme pour les économies africaines.Alors qu’elles représentent plus de la moitié de la population totale du continent, les femmes africaines n’ont généré en 2018 que 33% du produit intérieur brut (PIB) total de l’Afrique. Pour McKinsey, les pays africains pourraient gagner jusqu’à 316 milliards $ d’ici 2025, s’ils réussissaient à égaler les meilleures performances réalisées par leurs voisins en matière de parité. Cela impliquerait une hausse du produit intérieur brut du continent (PIB) de 10% au cours de la période.« Dans un scénario  » plein potentiel  » dans lequel les femmes et les hommes jouent des rôles identiques sur les marchés du travail, l’Afrique pourrait ajouter 1 000 milliards de dollars, soit 34 %, à son PIB collectif d’ici 2025 », indique également le rapport. A titre comparatif, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique indiquait dans un rapport publié cette année, que les besoins de financement supplémentaires de l’Afrique pour l’atteinte des ODD, se chiffrent entre 614 milliards et 638 milliards $, sur la période 2015-2030, a pour sa part, détaillé agenceecofin.com.

Moctar FICOU / VivAfrik

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