Électrification en Afrique : quels axes d’amélioration ?

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Parmi les enjeux mis en exergue par l’Organisation des Nations unies, l’accès à l’électricité demeure une problématique majeure en Afrique. En 2016, la consommation par habitant sur le continent ne représentait ainsi que 18,5 % de la moyenne mondiale. Face à cela, plusieurs obstacles, tels que la capacité insuffisante des ménages à augmenter leurs revenus grâce à un meilleur accès à l’électricité. Nous faisons le point. 57,2 % de la population de l’Afrique subsaharienne n’avait pas accès à l’électricité en 2016. D’après la Banque africaine de développement, entre 60 et 90 milliards de dollars seraient nécessaires pour atteindre 100 % d’électrification en zone urbaine et 95 % en zone rurale à l’horizon 2025. Les pertes liées à la distribution représentent un réel manque à gagner : entre 2010 et 2017, près de neuf coupures ont été constatées chaque mois en Afrique subsaharienne, avec une durée d’environ 6 heures en moyenne. D’après le rapport de la Banque mondiale intitulé Electricity Access in Sub-Saharan Africa: Uptake, Reliability and Complementary Factors for Economic Impact, de nombreux efforts sont encore à fournir en matière d’électrification. Parmi les grandes lignes de ce rapport, on trouve certains problèmes majeurs et handicapants. Une inaccessibilité économique des particuliers demandeurs, en raison principalement d’une irrégularité des revenus au sein des ménages. Pour répondre à cela, il semble manifeste qu’un baisse des prix de l’électricité est nécessaire pour répondre à la demande. Le rapport de la Banque Mondiale montre en effet que les facteurs liés à la demande pourraient expliquer à eux seuls près de 40 % du déficit d’accès à l’électrification, notamment en Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, les deux principaux axes d’amélioration envisagés afin de développer l’électrification en Afrique sont les suivants ; un investissement sur le long terme permettant une réelle transformation du modèle économique ; un travail en profondeur afin de lever les obstacles techniques et économiques limitant la demande, renseigne business221.com.

La Côte d’Ivoire va produire de l’électricité à partir des résidus du palmier et du cacao

Pour répondre à ses besoins croissants en électricité, la Côte d’Ivoire se tourne vers la biomasse. Elle est sur le point de construire deux centrales, l’une s’appuyant sur son agro-industrie cacaoyère, l’autre sur ses palmiers à huile. La construction de la plus grande centrale électrique d’Afrique de l’Ouest alimentée à partir de déchets agricoles va débuter à Aboisso, à 100 km à l’est d’Abidjan. Une deuxième centrale à biomasse, utilisant cette fois les déchets de la production de cacao, est en projet à Divo, au centre d’une des grandes régions cacaoyères. A Aboisso, le combustible proviendra des résidus des palmiers (feuilles, troncs, etc.) issus de 39 000 hectares de plantations de palmiers à huile. L’énergie ainsi produite sera intégrée au réseau de la Côte d’Ivoire. Cette centrale à biomasse devrait répondre aux besoins en électricité de 1,7 million de personnes. Le principe de la biomasse est d’utiliser les déchets agricoles ou issus de l’agro-foresterie comme combustibles, pour fabriquer de l’électricité. Les végétaux recueillis sont transformés en énergie par combustion, par gazéification ou encore par méthanisation. Les matières végétales et organiques ont l’avantage d’être gratuites, même s’il faut les collecter (ramassage) et les acheminer (camions) jusqu’à la centrale. Mais au total, cela émet beaucoup moins de CO2 qu’une centrale au charbon ou au pétrole. Le coût total du projet, porté par la société Biovea Energie, est estimé à 180 millions d’euros. Il est soutenu par les membres du consortium EDF, Meridiam et Sifca (plantations) avec des financements de l’Agence française de développement (AFD). Et devrait créer près d’un milllier d’emplois. Cette énergie, considérée comme renouvelable, est encore très marginale en Côte d’Ivoire, où 85% de l’électricité proviennent de centrales thermiques. On en compte une soixantaine répartie dans tout le pays, note netafrique.net qui cite Francetvinfo.fr.                           

Valoriser les résidus du cacao et du palmier à huile

Une deuxième centrale à biomasse, utilisant cette fois les déchets de la production de cacao, est en projet dans le centre du pays. L’étude technique de faisabilité a été financée à hauteur d’un million de dollars, par l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA). Premier producteur de cacao au monde, la Côte d’Ivoire génère, chaque année, quelque 26 millions de tonnes de déchets issus de cette culture. Autant de cabosses ou de fèves défectueuses qui sont perdues, car incinérées le plus souvent à l’air libre. A plein régime, cette centrale, située à Divo au cœur d’une des grandes régions cacaoyères, devrait permettre d’économiser 250 000 tonnes de CO2 par an. Son coût est évalué à 230 millions d’euros. Ces deux centrales à biomasse vont permettre de valoriser ces déchets agricoles perdus et de répondre, en partie, aux besoins croissants en électricité de la Côte d’Ivoire. Un choix écologique, en raison d’un faible bilan carbone. Le Cameroun et l’Afrique du Sud ont également plusieurs projets dans ce domaine. Une voie à explorer pour l’Afrique, conclut netafrique.net.

Moctar FICOU / VivAfrik

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