Les Malgaches victimes de la hausse des prix des produits de première nécessité

0

Plusieurs produits de consommation courante tels l’huile, le riz et le sucre ont vu leur prix flamber depuis la semaine dernière. Cette hausse coïncide avec l’annonce, par le président de la République en début janvier 2020, de l’augmentation de 13% du salaire des fonctionnaires, selon les consommateurs.

Dans le centre de la capitale, notamment marché d’Ambondrona, l’annonce de l’augmentation des salaires des fonctionnaires ne réjouit pas la plupart des clients. C’est ce qu’a affirmé Prisca, 31 ans, qui vient d’acheter un litre d’huile. « Ça a augmenté beaucoup, entre 300 et 500 ariary de plus selon la qualité de l’huile. Les légumes et le riz aussi sont plus chers. J’achète en fonction de l’argent que j’ai. Dans tous les cas, c’est difficile parce qu’on doit dépenser plus, mais moi je ne suis pas fonctionnaire. »

Pour sa part, Raymond, 40 ans, chauffeur de taxi estime que les commerçants profitent de cette hausse de salaire pour augmenter leur prix de façon excessive. « C’est une bonne idée la hausse des salaires des fonctionnaires en apparence, mais ça cause des problèmes à tout le monde après, surtout concernant l’augmentation des prix des aliments de base. Tous les commerçants ont entendu que les salaires des fonctionnaires ont augmenté donc ils augmentent le leur aussi ! Il faut que l’État soit attentif aux autres Malgaches. Est-ce qu’ils ont un pouvoir d’achat suffisant pour acheter à ces prix-là ? », dénonce-t-il.

Les marchands ne sont pas à l’origine de la hausse des prix. « Dans mon épicerie, l’huile, le lait et le sucre ont connu une hausse. Mais ce sont les fournisseurs qui ont augmenté leurs tarifs, donc automatiquement on augmente les nôtres aussi », relève Sylvie.

Une situation que le président du Cercle de réflexion des économistes de Madagascar, Rado Ratobisaona juge normale. « On constate toujours de la spéculation lorsqu’il y a une hausse de salaire », explique-t-il. « Mais ce que l’on attend de l’État c’est que les commissaires de commerces et le ministère du Commerce et de l’Industrie fassent leur travail concernant la surveillance des prix », conclut-il. Contacté, ce dernier n’a pas donné suite à nos appels.

Moctar FICOU / VivAfrik                          

Laisser un commentaire