L’altération des écosystèmes, source de nouvelles épidémies comme le Covid-19

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Les zoonoses émergentes (Ndlr : maladie naturellement transmissible des animaux vertébrés à l’homme et inversement, causée par des agents biologiques vivants : parasites, virus, etc.) comme le Covid-19, existent depuis longtemps et devraient même se multiplier dans les années à venir. Selon le site d’information futura-sciences.com qui a recueilli l’avis des scientifiques, les activités humaines et leur impact sur des écosystèmes autrefois préservés en sont la cause.

Ebola, Covid-19, le Sida, toutes ces maladies d’origine virale prospéraient chez les animaux avant de franchir la barrière des espèces, parfois plusieurs fois, et d’infecter l’Homme. Régulièrement, les zoonoses émergent depuis des « hotspots » de biodiversité. Il y a une dizaine d’années, on pensait que les forêts tropicales vierges et intactes constituaient une menace pour la santé humaine, à cause de toutes les espèces exotiques qui y vivaient.

Mais des recherches récentes prouvent exactement le contraire. C’est l’altération des écosystèmes par l’activité humaine qui rend les « hotspots » de biodiversité dangereux, et non leur simple présence. La construction de routes à travers la forêt tropicale ou encore le fractionnement des écosystèmes pour y installer des villes ou des champs instaurent les conditions idéales pour l’émergence de nouvelles maladies comme le Covid-19. Et ce n’est pas près de s’arrêter.

65 % des maladies émergentes sont issues des animaux

Selon une étude de 2014 menée par Kate Jones, chaire d’écologie et de biodiversité à l’University College de Londres, 65 % des maladies émergentes recensées entre 1980 et 2013 étaient des zoonoses. Un chiffre en augmentation sur les 33 années passées au crible dans l’étude. Un nombre incalculable de virus pathogènes évoluent dans les animaux, depuis toujours, mais les Hommes entrent désormais en contact avec des espèces qu’ils n’auraient jamais rencontrées autrement. Nous créons nous-mêmes les conditions favorables à l’émergence de zoonose, en investissant des endroits de plus en plus reculés ou en se faisant côtoyer des espèces exotiques sur des marchés de viande de brousse, comme il en existe en Asie ou en Afrique.

« Il y a une incompréhension parmi les scientifiques et le public par rapport au fait que les écosystèmes naturels sont une source de menace pour nous. La nature contient des menaces, c’est vrai, mais ce sont les activités humaines qui font des dégâts. Le risque sanitaire dans un environnement naturel peut être aggravé quand on interfère avec », explique Richard Osfeld, scientifique émérite du Cary Institute of Ecosystem Studies à New York dans un article paru sur le site Ensia.

Peut-on éviter la propagation de futures maladies ?

De plus, avec les espèces animales sauvages souffrant de la raréfaction de leur habitat, leur population diminue ou elles disparaissent tout simplement, et les virus aussi. En perdant leur hôte naturel, ils en cherchent un nouveau à infecter, et l’Homme est un hôte de choix. Une fois que le virus a franchi la barrière des espèces et s’est adapté à l’organisme humain, nos sociétés modernes, denses et ultra-connectées, sont idéales pour la propagation d’un virus. Le Covid-19 ne sera sûrement pas la dernière zoonose à menacer la santé humaine.

Que pouvons-nous faire ? Fermer définitivement les marchés de brousse qui constituent des foyers potentiels pour une nouvelle zoonose ? Cela est difficilement imaginable, ils fournissent de la nourriture à des millions de gens. Selon Kate Jones, « Nous devons penser à une biosécurité mondiale, trouver les faiblesses et renforcer les systèmes de santé dans les pays en développement. Sinon, on peut espérer revivre le même scénario ».

Moctar FICOU / VivAfrik

Avec futura-sciences.com

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