Charbon : 200 chênes zéens abattus en Tunisie par des trafiquants

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Les prédateurs des espèces végétales continuent leur sale besogne notamment en Tunisie. En effet, 200 chênes zéens ont été abattus dans la forêt d’Aïn Drahem, par des trafiquants vivant dans ce milieu forestier, en vue de les transformer en charbon la semaine dernière. Les chênes zéens sont des arbres vivaces, datant de plus de 300 ans, ils représentent un patrimoine national et une richesse inestimable.

Cette triste nouvelle vient allonger la liste des maux dont souffrent la faune et la flore de la Tunisie. Le pays a été récemment victime de la disparition du dernier spécimen de la gazelle Mhorr au Parc national de Bouhedma et la vente de tortues marines à Sfax pour un usage médical traditionnel.

Bien que le taux du couvert végétal en Tunisie (8,2 %) compte parmi les plus faibles de la région méditerranéenne, dont la moyenne est de 20%, l’ampleur des dégâts occasionnés aux forêts ne cesse de croître d’année en année à vue d’œil. Pour appréhender un tant soit peu l’ampleur des dégâts occasionnés à nos forêts, il suffit de noter que depuis 1985, chaque année, on dénombre entre 130 et 150 incendies, qui déciment 1 500 hectares de forêt. Ce chiffre est en progression constante. Le coût de chaque hectare ainsi perdu s’élève à 9 mille dinars, alors que le couvert végétal et forestier met au moins 30 années pour se régénérer.

Certes, l’effort de reboisement que déploient chaque année, à pareille période, les citoyens et les collectivités est un engagement et un acte fort louables envers l’environnement. Cependant, ce geste hautement symbolique ne peut enrayer de façon permanente l’élan criminel contre les arbres, contre les forêts, se désole Chokri Ben Nessir dans son analyse sur ce sujet.

Car, en plus de l’expansion des terres agricoles, de l’exploitation illégale du bois, de la construction anarchique, du charbonnage à grande échelle, des coupes d’arbres, des appropriations illégales des espaces naturels et des défrichements continus, un phénomène récent a vu le jour : l’utilisation de la forêt comme décharge à ciel ouvert pour nos déchets ! Soit autant de facteurs qui viennent fragiliser notre écosystème et mettre en péril l’avenir des générations futures.

Car ces agressions, associées aux effets néfastes des changements climatiques que connaît la planète, font que notre pays souffre aussi de la déforestation, de la disparition du couvert végétal et des espèces rares, de l’avancée à grands pas du désert, de l’assèchement des plaines. Une chose est sûre, c’est indéniablement l’homme qui sera la première victime des glissements de terrain, des inondations et autres catastrophes naturelles. Sans compter l’apparition de nouvelles souches de virus ou de nouvelles maladies.

Mais, il ne faut pas l’oublier, la forêt joue un rôle prépondérant dans la fixation du CO2 et maintient le taux d’oxygène constant dans l’air. L’arbre protège le sol, le conserve et le féconde, ses racines forment des millions de petits barrages retenant l’eau de ruissellement, il adoucit le froid de l’hiver, attiédit les rigueurs de l’été, amortit la violence du vent, protégeant ainsi nos cultures. La forêt filtre l’air, retenant les poussières, et purifie l’eau qui la traverse. C’est pourquoi il est temps de réviser les textes législatifs relatifs à la gestion, à l’exploitation et à la protection des forêts, d’améliorer les conditions de vie de la population forestière, afin d’alléger la pression sur le milieu naturel et de rendre le million d’habitants qui y vivent des protecteurs de celle-ci et non des prédateurs, conclut M. Nessir.

Moctar FICOU / VivAfrik

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