Impact de la Covid-19 sur la sécurité alimentaire : les organismes internationaux redoutent une famine

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L’application des mesures visant à limiter la propagation et les impacts négatifs de la pandémie de Covid-19 est à l’origine de graves conséquences sur les plans économique, social et politique selon le Fonds international de développement agricole (FIDA). Elle expose une grande frange de la population en Afrique de l’Ouest et du Centre à la famine d’après le Programme Alimentaire Mondial (PAM) qui tire sur la sonnette d’alarme et qui par ailleurs s’attend à ce que le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire atteigne la barre des 57,6 millions d’ici la fin de l’année contre 36 millions avant le début de la pandémie.

Aujourd’hui plus que jamais, les politiques de relance économique doivent sérieusement prendre en considération ces questions. Pour apporter des éléments de réponse à cette problématique les États ont décidé de soutenir les couches les plus vulnérables. En distribuant aux populations des kits alimentaires, matériaux sanitaires ou encore des transferts d’argent. L’ONU précise que la pandémie de Covid-19 frappe la région en pleine période de soudure, « lorsque la faim et la malnutrition empire ».

On estime à 21,1 millions le nombre de personnes avec du mal à satisfaire leurs besoins alimentaires pendant cette période allant de juin à août, précise l’ONU. Les enfants seront les plus touchés avec plus de 11 millions d’enfants de victimes soit aune hausse de 18% par rapport aux niveaux antérieurs à la pandémie. Cette situation d’insécurité alimentaire risque de s’aggraver dans des pays comme le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad.

La suspension des marchés hebdomadaires suite aux mesures restrictives à la limitation des déplacements inter-régions a occasionné des pertes énormes de produits et de récolte contribuant ainsi à une pénurie alimentaire et à une flambée des prix. Pour sa part, le Sénégal peut compter sur le soutien d’un crédit de 150 millions de dollars de l’Association internationale  de développement (IDA). Une enveloppe qui devrait permettre de renforcer la productivité agricole et la construction de systèmes alimentaires résilients, climato-intelligents et compétitifs.

Paradoxalement on nous chante depuis des années les exploits d’une agriculture capable d’assurer une autosuffisance alimentaire tout du moins en ce qui concerne le riz. Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural le Sénégal aurait produit 1.155.337 de tonnes de riz en 2019 soit une hausse de 13,82 % par rapport à l’année 2018 (1.015.000 tonnes).

De quoi s’interroger à raison sur l’exactitude des chiffres avancés par les autorités. Des risques de dysfonctionnements du marché international du riz ont déjà commencé à se faire sentir, ce qui oblige les États à renflouer leur stock alimentaire essentiellement constitué de riz.

En Afrique l’agriculture est principalement vivrière ce qui ne permet pas une prévention des situations de famine et de malnutrition. La perturbation des chaînes d’approvisionnement dans la sous-région va inéluctablement affecter le circuit de l’importation des intrants agricoles pour l’essentiel de l’Asie, de l’Europe, de l’Afrique du Nord et d’autres régions (PAM).

Partant de ce constat, il devient impératif de mettre en place des politiques publiques orientées vers la recherche et le développement, le conseil agricole, les subventions pour l’acquisition d’équipements.

Evelyne Mendy (Stagiaire) / VivAfrik

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