Djibouti : la BAD renforce la résilience des populations rurales face à la sécheresse et aux changements climatiques

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Un rapport de la Banque africaine de développement (BAD) publié le 14 août 2020 a souligné que la phase I du Programme de résilience à la sécheresse et de développement des moyens de subsistance durables dans les pays de la Corne de l’Afrique (DRSLP I), exécutée entre 2013 et 2019, a permis d’améliorer la résilience des communautés rurales de Djibouti face à la sécheresse et aux changements climatiques.

La même source poursuit que, le projet approuvé en décembre 2012, a été financé par un don de 14,5 millions de dollars du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Banque. Il a contribué à améliorer la disponibilité et l’accès à l’eau et à développer des moyens d’existence durables pour les populations des zones ciblées. Le programme a aidé Djibouti à développer ses capacités d’adaptation afin de réduire son exposition aux effets néfastes des changements climatiques, touchant en particulier les populations nomades et les agro-éleveurs. Au total, 8 967 ménages ont bénéficié du projet ou de ses effets.

La phase I du DRSLP a vu la réalisation de neuf seuils de recharge des nappes inferoflux (nappes sous-fluviales), 90 réservoirs de 32 m3 et quinze réservoirs de 50 m3, un réseau d’accès à l’eau potable (AEP) à God Daawo et l’installation des systèmes d’irrigation goutte à goutte sur 192 hectares. Quelque 24,6 kilomètres de pistes rurales ont été réhabilitées entre Assamo et Ali-Sabieh. Des chambres froides ont été installées et équipées à Loyada et au port de Djibouti. Par ailleurs, 27 poulaillers ont été construits, 45 boucs et chèvres croisés, 500 chèvres locales et 2 500 poules pondeuses acquises et distribuées à une centaine de bénéficiaires.

Le programme a également permis l’acquisition par Djibouti de 76 panneaux solaires et de 54 kits d’arrosage et l’installation de 54 serres dans les bassins versants de Weima et Beyya-Dadder. Enfin, 27 poulaillers ont été construits et attribués à 135 femmes, avec de l’alimentation, du matériel et des produits vétérinaires. Quelque 365 agro-éleveurs, dont 180 femmes avicultrices, ont été formés dans les deux bassins versants précités ainsi que dans celui de Gagga Détela.

« Avant nous prenions l’eau à la maison avec un seau, puis nous avons acheté des moteurs à essence. Ensuite le gouvernement nous a tendu la main et nous a acheté des moteurs à gasoil. Et là maintenant, nous avons bénéficié des réservoirs et des panneaux solaires, ce qui m’a permis d’élargir ma parcelle de terre. Nous ne rentrons plus à la maison, nous travaillons du matin au soir », raconte Ahmed Djamo, agriculteur à Assamo.

« Les interventions du projet ont conduit à certains résultats non prévus, notamment le bitumage de la route Ali-Sabieh-Assamo, constituant ainsi la première route bitumée dans cette zone rurale, qui facilite et accélère l’accès aux marchés pour la population environnante », révèle le rapport d’achèvement conduit par Chantal Umuhire, chargée supérieure d’agriculture à la Banque africaine de développement. Le rapport précise que la piste bitumée a été livrée le 2 mai 2019 par les autorités djiboutiennes.

« Cette route a apporté beaucoup de changement, que ce soit sur le plan commercial, dans le domaine de l’éducation ou dans d’autres domaines relatifs à l’intérêt général. Elle est vraiment d’un grand soutien », soutient Fathia Doubad, habitant d’Assamo. « Il y avait un véhicule qui faisait la navette. On le voyait une fois dans la journée. Mais depuis l’ouverture de la route, les bajajs (taxis) font cinq aller‑retours par jour », précise pour sa part Hassan Mohamed Ahmed, boutiquier à Assamo

Compte tenu de la pandémie de Covid-19, le projet DRSLP I s’achèvera le 31 décembre 2020, avec un taux d’exécution de 99%, annonce le rapport de la Banque.

« La phase I du DRSLP a connu, pour ses deux dernières années, d’importants progrès dans la mise en œuvre de ses activités, notamment par la réalisation des principaux travaux et acquisitions, ce qui a permis d’atteindre les résultats escomptés. L’accès permanent aux ressources d’eau et l’acquisition des intrants agricoles ont contribué à l’amélioration des rendements agricoles, avec un taux moyen passé de 0,5 tonne par hectare en 2013 à 1,5 tonne en 2019 et de la production halieutique de 15 tonnes à 35 tonnes », conclut le rapport de la Banque africaine de développement.  

Moctar FICOU / VivAfrik                             

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