Sénégal : le Directeur de la prévention des inondations à cœur ouvert sur cette problématique

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Propos recueillis Par Moctar FICOU                   

Le Sénégal a toujours été confronté à des inondations récurrentes qui n’ont cessé d’impacter négativement les conditions de vie des populations. Au regard de l’urgence de soulager des sinistrés, le Gouvernement du président Macky Sall a, dès son installation en 2012, initié la mise en œuvre d’une politique de gestion des risques d’inondation visant à préserver les vies humaines, à réduire les incidences négatives aux plans économique et environnemental. Les options stratégiques retenues furent réaffirmées dans le Plan Sénégal Emergent (PSE). Dans le cadre de leur mise en œuvre, un Programme décennal de gestion des inondations (PDGI) fut mis sur pied pour la période 2012-2022. Dans une interview accordée à VivAfrik, le Directeur de la prévention des inondations, Alpha Sidibé s’est exprimé sur les inondations enregistrées à Ziguinchor puis à Kaffrine ces derniers jours sans occulter le renforcement de la résilience des villes qui consiste entre autres, à réaliser des ouvrages de drainage d’eaux pluviales mais aussi les missions de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) et du Programme décennal de gestion des inondations.

Il y a eu des inondations à Ziguinchor puis à Kaffrine ces derniers jours. Qu’est-ce qui est à l’origine de cette situation ?                                          

Les événements extrêmes enregistrés la semaine dernière sont plus liés à des événements météorologiques d’intensité exceptionnelle voir remarquable dans des localités où on avait habituellement pas ce type de problème. Ce qui s’est passé, c’est que nous avons eu des cumules pluviométriques en trois jours qui ont dépassé ou qui étaient presque égaux à 175 millimètres pour la ville de Ziguinchor. Nous avons tout de suite déployé des moyens. Pour le cas de Kaffrine, il y a déjà, dans le cadre du Plan décennal de gestion des inondations, un important projet qui est en cours. Ce projet, est un projet assez structurant qui concerne d’ailleurs le quartier le plus impacté et le plus vulnérable en termes d’inondations : celui de Diamaguène centre. Et dans ce quartier, il y a l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) qui est en train de mettre en œuvre un projet structurant qui n’est pas encore terminé. L’ONAS fonctionne avec ce qu’on appelle des mesures conservatoires pour atténuer un peu les dommages qui peuvent être causés par de fortes pluies. Souvent les populations ne comprennent pas les problèmes de ce type mais ce que je peux dire, c’est que c’est un projet assez important qui est en cours. On va juste être patient.

Le constat est que nos villes sont dépourvues de Plan directeur de drainage des eaux pluviales. Que faut-il faire face aux inondations ?

L’Etat est en train de faire une étude globale sur le Sénégal et sur un certain nombre de vues pilotes pour permettre aux différentes structures locales d’avoir une bonne compréhension de ces espaces urbains-là mais aussi les populations et les autorités locales. C’est un financement obtenu auprès du Fond vert climat avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD) et aujourd’hui, nous avons même lancé des marchés pour faire cette étude importante qui va être une cartographie au niveau national des zones inondées et inondables du Sénégal avec un focus sur un certain nombres de localités qui sont les plus vulnérables que nous connaissions déjà, selon les dires des experts. Le niveau d’exécution ? Là on a déjà une short liste. Donc on va incessamment lancer la concurrence entre ces différents groupements internationaux pour commencer l’étude sur la cartographie nationale qui nous permettra justement de connaître nos différentes localités qui sont très souvent passibles d’être inondées.

En attendant, quelles sont les dispositions prises par l’Etat pour parer à toute urgence ?

Sur ce point précis, vous savez que l’Etat est en train de développer le Plan décennal de gestion des inondations qui devrait être exécuté dans la fourchette 2012-2022. Ce plan décennal est en cours et d’ailleurs, l’exemple que je viens de vous donner pour Kaffrine entre dans ce cadre-là. Vous avez aussi les villes de Kaolack, où, aujourd’hui, vous avez des projets qui sont en train d’être développés dans des zones extrêmement endémiques comme Khakhoum. On a déjà exécuté totalement la phase d’urgence et la phase intermédiaire. Là, on est plus ou moins dans la phase long terme qui va finir en 2022. Et dans cette phase, il y a plusieurs projets prévus dans une dizaine de villes. Je ne sais pas si vous avez entendu parler du projet des dix villes de l’ONS. C’est un projet important pour l’Etat du Sénégal qui y investir beaucoup pour qu’on ait des infrastructures structurantes dans le cadre de l’assainissement et dans le cadre de la gestion des eaux pluviales dans ces différentes villes.

Le Programme décennal de gestion des inondations, vous l’avez dit, prend fin dans deux ans. Ce sont 750 milliards de francs CFA qui ont été investis. Aujourd’hui, comment expliquez cette récurrence des inondations dans certaines villes du Sénégal ? 

Je voudrais juste indiquer que les 750 milliards de francs CFA correspondent à l’évaluation qui a été faite par les différentes structures de l’Etat. Ce Plan décennal, c’est plusieurs composantes ou pour être précis, c’est au moins trois composantes. Il y a la composante gestion des eaux pluviales mais il y a aussi la composante aussi de tout ce qui est lié, si vous voulez, à la politique d’urbanisme et de restructuration etc. Vous avez également une troisième composante qui est liée à tout ce qui est développement d’outils dans le cadre l’aménagement du territoire. Si vous faites un retour en arrière, vous vous rendrez compte que nous avons réalisé, dans le cadre de ce Plan décennal-là, une infrastructure qui, aujourd’hui, a permis de régler le problème des inondations dans des quartiers ou des zones qui étaient reconnues comme étant des zones où ce phénomène était extrêmement sévère par exemple la banlieue de Dakar, Ouest-Foire et Dalifort.  

Est-il possible d’avoir un hivernage sans inondations au Sénégal ?

Je n’ai pas vu un Etat ou une partie du monde où le phénomène d’inondation n’existe pas.   

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