Reprise des ICS par Indorama, une aubaine pour le fleuron industriel sénégalais

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Les Industries chimiques du Sénégal (ICS) vont bientôt sortir de leur agonie. En effet, la reprise des ICS par les Indiens de Indorama est un succès remarquable, au regard, de la situation où se trouvait l’entreprise en 2014 avec une dette colossale, qui lui avait valu, une mise sous concordat.

Cinq ans après  sa reprise en 2020, par Indorama, les ICS sont, aujourd’hui, le premier producteur d’engrais phosphaté de l’Afrique subsaharienne et le troisième à l’échelle du continent.

Rappelons qu’en 2019, les Industries chimiques du Sénégal ont produit 1 700 000 tonnes de  phosphate transformé en acide et en engrais, renseigne, un acide essentiellement exporté vers l’Inde. En ce qui concerne, les engrais, ils sont destinés au marché national et à la sous-région. Toutes choses qui font que les ICS sont devenues un poids lourd de l’économie sénégalaise.

En termes de chiffre d’affaires, l’entreprise tourne aux alentours de 249 milliards 509 millions environ 450 millions de dollars selon son directeur général Alassane Diallo. Qui renchérit, sur le bilan d’étape jugé réussi, de la reprise en ces termes : «Ce qui fait des ICS la principale entreprise pourvoyeuse de devises au Sénégal. Ils jouent un rôle important. Il y a un effet d’entrainement sur l’économie relatif à l’activité des ICS. Parce qu’ils commandent, indique David Baché de RFI qui s’est intéressé au sujet, pour plusieurs dizaines de milliards de FCFA chez beaucoup d’entreprises sénégalaises. »

Un succès d’autant plus éclatant qu’il  y a six ans à peine, l’entreprise était prés de sombrer. Pour cause, elle avait une dette colossale de 177 milliards 487 millions de FCFA soit 320 millions de dollars. Ce qui lui avait valu d’être sous concordat (une sorte de tutelle judicaire), explique-t-on dans le reportage de Radio France internationale.

L’entreprise est alors achetée par le géant indonésien de la chimie Indorama.

A ce propos, l’actuel directeur général, est d’avis que l’embellie, s’est opérée presque  tout de suite. « L’effet est que dès 2015, la production de l’entreprise a commencé à reprendre. Année après année on a constaté un accroissement de l’activité et tous les engagements pris au niveau des créanciers ont pu être honorés », se réjouit M. Diallo. Pour atteindre ces résultats, Alassane Diallo au micro de RFI confie que Indorama a injecté beaucoup de fonds pour réhabiliter les installations et permettre de produire plus et mieux.

Seule ombre au tableau…

Cependant, le tableau brillant dressé est entaché par les plaintes récurrentes des populations riveraines. En effet, beaucoup d’habitants ont été déplacés pour l’installation et l’agrandissement du complexe industriel. C’est le cas récemment de la révolte des populations de Tobène. Ces derniers estiment avoir été mal indemnisés.  Le différend du même type oppose actuellement les ICS et d’autres villages, outre que Tobène.

Mais encore, les accusations de pollution ternissent un peu les jalons posés par l’entreprise. Un réseau des personnes affectées par les opérations minières existe d’ailleurs. Demba Fall Diouf en est le président. Il déplore sur les ondes de la RFI, des fuites de gaz récurrentes qui polluent l’environnement, qui détruisent parfois les cultures, accuse-t-il. Il précise que la dernière fuite remonte à novembre 2019. Celle-ci avait détruit toute une bande de cultures, sans aucune indemnisation, dénonce-t-il non sans le regretter.

Toujours concernant la pollution, Demba Fall Diouf, parle d’un problème quotidien. Il témoigne de la récurrence des infections respiratoires aigües, des  poumons et du au cœur par les produits chimiques.  

Pourtant, les ICS ont de  nouveaux projets d’extension de l’entreprise. Ceux-ci doivent encore faire l’objet de discussions avec l’Etat. D’où l’aspect confidentiel à ce stade, des informations qui entourent ce projet.

Moctar FICOU / VivAfrik

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