Une « tour climatique » érigée dans la forêt tropicale en RDC

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Un pas vient d’être franchi dans la lutte contre les émissions des gaz à effet de serre en Afrique centrale notamment en République démocratique du Congo (RDC). Mieux, les chercheurs de l’Université de Gand (UGent) ont réussi à construire la première « tour climatique » de la forêt tropicale en RDC. L’installation haute de 55 mètres, dont 15 mètres au-dessus de la canopée, mesure les gaz à effet de serre dans cet environnement. Une diminution ou une augmentation de l’absorption de CO2 par la forêt tropicale accélère ou ralentit en effet le réchauffement climatique.

Partout dans le monde, des scientifiques suivent la capacité d’absorption de la végétation grâce à quelque 500 tours de ce type, principalement situées en Europe et en Amérique du Nord. Les données récoltées permettent de mieux appréhender l’impact du changement climatique et d’évaluer la pertinence des modèles climatiques mis au point.

Rappelons que la forêt tropicale congolaise était, jusqu’il y a peu, vierge de ce genre de dispositif. Elle constituait dès lors un angle mort pour les chercheurs, alors que les forêts humides africaines capturent une part importante du CO2 rejeté dans l’atmosphère. Avec l’Amazonie et les forêts tropicales d’Asie, elles captent environ 10% des émissions mondiales de CO2 provenant des énergies fossiles.

C’est la raison pour laquelle les chercheurs de l’UGent ont mis sur pied une expédition, en partenariat avec des scientifiques de l’Institut congolais d’études et de recherches agronomiques (INERA), dans la réserve de biosphère de Yangambi, une aire protégée dans le cadre d’un projet de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en République démocratique du Congo. Outre la tour climatique, des panneaux solaires ont été installés pour fournir l’électricité nécessaire à la station scientifique.

Signalons que la toute première tour d’Afrique centrale, dont le coût se chiffre en millions, mesurera non seulement le taux de CO2 mais aussi un certain nombre d’indicateurs-clefs, comme l’évaporation – la quantité d’eau pompée par la forêt -, afin de mieux comprendre les changements climatiques. Le degré d’évaporation a en effet des conséquences sur la quantité de précipitations qui tombent dans d’autres régions d’Afrique et donc sur les populations locales. Les niveaux de méthane et de protoxyde d’azote, deux gaz à effet de serre qui renforcent particulièrement le réchauffement climatique, y sont également étudiés.   

Le projet est mené en collaboration avec le Centre pour la recherche forestière internationale (CIFOR) et l’École congolaise régionale post-universitaire d’aménagement et de gestion intégrés des forêts et territoires tropicaux (ERAIFT).

Moctar FICOU / VivAfrik

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