Lidl mise sur le soja pour lutter contre la déforestation en 2025

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Lidl, une entreprise de distribution allemande a annoncé ses objectifs pour 2025 dans la lutte contre la déforestation. L’entreprise révèle qu’elle assurerait 100% de ses approvisionnements en protéines végétales responsables au plus tard en 2025. Ces protéines végétales sont destinées à la nutrition animale, donc cela concerne les filières bovines mais aussi porcines et volaille. Le soja responsable est un soja qui n’est à l’origine ni de déforestation ni de conversion d’écosystème naturel. Pour cela, l’enseigne tente de retracer l’origine de ses importations. La responsable RSE Achats de l’enseigne, Isabelle Hoffman, explique le travail que veut faire Lidl : « Tout le système de production au Brésil, c’est-à-dire la chaîne d’approvisionnement est complexe et c’est pour ça que l’on a entamé avec l’ONG Earthworm un gros travail pour gagner en transparence sur cette chaine d’approvisionnement contre la déforestation et la conversion d’écosystème naturel ».

Des zones à fort risque de déforestation au Brésil ont été identifiées. Lidl s’engage par ailleurs à remplacer le soja dans l’alimentation animale par d’autres protéines et à relocaliser la production de protéines végétales en France, ce qui rejoint là l’appel du président Macron. La France produit aujourd’hui 400 000 tonnes de soja chaque année, alors qu’elle en importe plus de 3 millions. Le gouvernement a décidé d’allouer 100 millions d’euros, dans le plan de relance, à la filière des protéines végétales.

Viser l’autonomie en France paraît très compliqué. Pour être autonome en soja, il faudrait libérer 2 millions d’hectares en France sur les 14 millions en grande culture. Selon Michel Duru chargé de mission à l’INRAE, il faudrait en parallèle réduire notre consommation de protéines animales pour parvenir à l’autonomie ou réduire du moins la dépendance française. Selon lui, ceci permettrait aussi de respecter nos engagements climatiques : « par notre alimentation on émet en moyenne en France 1600 kilos par an d’équivalent de gaz carbonique. Les deux tiers sont dus à la viande et aux produits animaux. Or, la stratégie européenne et française est de réduire par 2 ces émissions d’ici 2050. On ne va pas manger deux fois moins, le levier d’adaptation c’est de réduire notre consommation de viande si on veut respecter ces engagements », a-t-on expliqué radioclassique.fr.

100g de protéines animales émettent 5 à 10 fois plus de gaz à effet de serre que la même quantité de protéines végétales, il faut donc rééquilibrer notre consommation selon lui. Il existe pour cela une solution, celle de se remettre à produire des légumineuses : des pois, de la féverole, du lupin, des produits qui ont quasiment disparu en France.

Moctar FICOU / VivAfrik  

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