Les organisations de la société civile interpellent les États et leurs leaders sur la famine dans le monde

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Chaque jour, nous sommes témoins de la souffrance et de la résilience. Au Yémen, en Afghanistan, en Éthiopie, au Soudan du Sud, au Burkina Faso, en RDC, au Honduras, au Venezuela, au Nigeria, en Haïti, en RCA, en Ouganda, au Zimbabwe, au Soudan et ailleurs, nous venons en aide aux personnes qui font leur possible pour assurer leur existence au quotidien.

Chaque jour, nous travaillons avec des personnes capables de produire suffisamment de nourriture ou de gagner suffisamment d’argent pour subvenir à leurs besoins alimentaires et à ceux de leurs familles. Ces personnes ne manquent pas de nourriture, elles en sont privées. Les conflits et les violences, l’inégalité, les impacts du changement climatique, la perte de terres, d’emploi ou de perspectives, la lutte contre le COVID19 qui a aggravé un peu plus la situation ont privé ces filles et ces garçons, ces femmes et ces hommes de nourriture.

Chaque jour, nous constatons que ce sont les femmes et les filles qui souffrent le plus.

Chaque jour, nous partageons des récits et des preuves démontrant que la faim et la privation de nourriture existent et que les besoins humanitaires s’accroissent. Pourtant, cela ne déclenche ni mesure d’urgence ni mobilisation de financements en quantité suffisante. Le fossé qui se creuse entre les grands besoins auxquels nous devons faire face et l’aide limitée que nous sommes en mesure de fournir menace de laisser s’envoler le peu d’espoir qu’il reste. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre tout espoir.

Ce sont les actions humaines qui sont à l’origine de la famine et de la faim, et ce sont nos actions qui peuvent enrayer les conséquences les plus graves. Nous avons tous et toutes un rôle à jouer. Mais vous, qui dirigez des États, les représentez et exercez les plus hautes fonctions, vous avez une responsabilité unique. Nous vous demandons d’agir maintenant.

Nous vous appelons à mobiliser les 5,5 milliards de dollars supplémentaires nécessaires pour fournir une aide alimentaire d’urgence à plus de 34 millions de filles, de garçons, de femmes et d’hommes qui sont au bord de la famine dans le monde. C’est maintenant et aussi directement que possible que les personnes qui en ont le plus besoin doivent pouvoir bénéficier de cette aide qui leur permettra de prendre les mesures pour se nourrir, aujourd’hui et demain. Tous les pays devraient apporter une contribution pleine et équitable, sans détourner des ressources destinées aux réponses à d’autres besoins humanitaires urgents.

Nous vous demandons d’intensifier vos efforts et de travailler avec toutes les parties concernées pour mettre un terme aux conflits et à toutes les formes de violence. L’appel du Secrétaire général des Nations Unies à un cessez-le-feu mondial doit être pris en compte immédiatement. L’aide humanitaire doit pouvoir être apportée aux communautés sans barrière ni obstacle, afin que nous puissions soutenir de toute urgence les personnes qui en ont le plus besoin.

Nous vous exhortons à investir dans la lutte contre la pauvreté et la faim, à donner aux populations les outils dont elles ont besoin pour bâtir un avenir plus résilient pour elles-mêmes, à vous adapter de manière durable au changement climatique et à vous prémunir contre les chocs du COVID-19. Cela contribuera à prévenir de futurs conflits et déplacements, et à prévenir la faim et de futures famines.

La famine et la privation de nourriture n’ont pas lieu d’être au XXIe siècle. L’histoire nous jugera sur les mesures que nous prenons aujourd’hui.                                                               

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